RER A: Les conducteurs conduisent mais pas seulement

TRANSPORTS Un gréviste raconte à 20minutes.fr son travail...

Corentin Chauvel

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VALINCO / SIPA

Non, un conducteur de RER ne fait pas que conduire. Ce n'est qu'une partie de son travail et «ce n'est pas le plus physique» indique Patrick Michel, contacté par 20minutes.fr. Il exerce depuis 21 ans sur la ligne A, actuellement en grève.

D'abord, on ne prend pas les commandes d'un RER comme ça. Il faut avoir travaillé au moins dix ans sur le métro pour pouvoir ensuite être affecté sur un RER. La moyenne d'âge des conducteurs se situe ainsi à 42 ans.

Des cycles de sept semaines

Les conducteurs suivent un cycle de sept semaines dans lequel ils travaillent 6h30 d'affilée par jour, six jours sur sept pendant quatre semaines et cinq jours sur sept pendant deux semaines. Ils travaillent cinq week-ends sur sept et leurs jours de repos (121 par an) sont ainsi décalés chaque semaine.

A l'intérieur de ce cycle, il y a ensuite trois grandes plages principales dans lesquelles le conducteur va se greffer chaque semaine. Une le matin qui débute avec le premier train, à 4h20, une l'après-midi, appelée mixte, et une le soir qui se termine à 1h45. Il existe encore deux sous-catégories le matin (début ou fin de matinée) et trois l'après-midi selon l'heure du début du travail.

Si la conduite effective des trains de voyageurs est de 2h50 en moyenne, Patrick Michel détaille plusieurs autres activités affiliées aux conducteurs, qui impliquent «de la pénibilité mais qui sont indispensables à l'exploitation»: il faut vérifier les trains, les garer ou les «dégarer», sans oublier toutes les activités de maintenance.

2.200 euros brut pour commencer


Côté salaire, la grille commence à 2.200 euros brut par mois. Ce salaire peut aller jusqu'à 2.700 euros bruts en fin de carrière. Il existe également des primes, de 600 à 650 euros, pour «compenser les contraintes» justifie Patrick Michel, notamment les horaires décalés, les dimanche et les jours fériés.

Les syndicats réclament actuellement une hausse de ces primes de 120 à 150 euros. Contactée par 20minutes.fr, la RATP propose notamment aux syndicats la mise en place de nouveaux tableaux de service pour assurer la régularité du trafic et la création d'une «prime variable en fonction des objectifs de régularité dans le cadre du contrat avec le Stif (Syndicat des transports d'Ile-de-France)». Cette prime serait de 80 euros par mois.