Grippe A/grippe saisonnière: le jeu des différences

SANTE Qu'est-ce qui diffère (vraiment) entre les deux grippes? 20minutes.fr fait le point...

Julien Ménielle

— 

Le virus H1N1 de la grippe porcine isolé au cours de l'épidémie de 1976, aux Etats-Unis.
Le virus H1N1 de la grippe porcine isolé au cours de l'épidémie de 1976, aux Etats-Unis. — Ho New / REUTERS
Une période épidémique plus précoce
«L'épidémie de grippe A (H1N1) a débuté courant octobre», rappelle Vincent Enouf, de l'institut Pasteur, responsable adjoint du centre national de la grippe. Soit plus tôt dans l'année que la grippe saisonnière ne le fait habituellement. En 2008, l'épidémie avait débuté fin décembre. «Traditionnellement, il y a une reprise la deuxième semaine de janvier», note le spécialiste, qui reconnaît cependant que, cette fois, nous entrons dans une phase de «plateau», et qu'ensuite «tout peut arriver».
 
Les jeunes adultes touchés
En gros, la grippe A frappe ceux que la grippe saisonnière épargne. «Habituellement, les plus touchés sont les tout petits et les personnes âgées», précise Vincent Enouf. Or la grippe A atteint majoritairement les tranches d'âge s'étalant de 5 à 50 ans, et principalement les jeunes adultes.
 
Un nombre de cas moins élevé
La comparaison n'est pas évidente, dans la mesure où les prélévements ne sont pas pratiqués systématiquement pour identifier le virus en cause. Cependant, Vincent Enouf précise que, d'après les examens effectués par les médecins des réseaux des , «actuellement, il n'y a pas de virus saisonnier circulant». Et selon lui, «le nombre d'infections respiratoires aigües semble plutôt moins important que l'année précédente».
 
Une gravité plus directe
«Il y a un grand nombre de patients hospitalisés en réanimation», relève Vincent Enouf. Selon les chiffres de l'Institut national de veille sanitaire (InVs), plus de 800 cas graves ont été hospitalisés à la mi-décembre. Notamment pour des syndromes de détresse respiratoire aigüe directement liés au virus, et pas des complications, «ce qui est très rare avec la grippe saisonnière».
 
Une mortalité similaire
«Il est très difficile de déterminer un véritable taux de létalité (nombre de morts par rapport au nombre de patients touchés, ndlr)», reprend Vincent Enouf. Selon les chiffres de l'InVs la létalité est en effet «estimée entre 1/1 000 et 1/10 000», un taux vague, jugé «comparable à la létalité de la grippe saisonnière». «On n'observe pas d'augmentation du taux de mortalité lié à la grippe», confirme Vincent Enouf. L'InVS prévient cependant qu'«il est difficile de prévoir l'évolution de l'épidémie et du virus dans les mois à venir».