L'infection nosocomiale, la maladie des gens qui se soignent

DECRYPTAGE Le point sur ces germes qu'on attrape à l'hôpital...

Julien Ménielle

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Une infection nosocomiale c'est quoi?
C'est une infection contractée dans un établissement de soins. Tenant compte des délais d'incubation, une infection est considérée comme nosocomiale si elle apparaît au moins 48 heures après l'hospitalisation. Mais dans le cas d'une intervention chirurgicale, on estime que toute infection de la zone opérée est une infection nosocomiale si elle survient dans les 30 jours voire l'année en cas de mise en place de matériel chirurgical.
 
Comment ça s'attrape?
C'est variable. On retrouve des germes sur les personnes -patient, visiteur comme personnel- mais aussi sur le matériel de soin ou le mobilier. Le patient peut s'infecter avec ses propres germes, ou être contaminé par les germes présents sur d'autres malades ou du matériel véhiculés par les soignants. Quand il s'agit de l'infection d'un site opératoire, qui représente plus de 14% des cas, le mode de transmission est difficile à évaluer a posteriori. Les germes les plus fréquemment en cause sont les Escherichia coli (24,7%) et les Staphylocoques dorés (18,9%).
 
Qui sont les plus touchés?
Les personnes fragiles. Les personnes âgées, les nouveaux-nés (et surtout les prématurés), les patients gravement atteints, mais aussi ceux dont le système immunitaire est affaibli sont particulièrement vulnérables. De même, plus on introduit de corps étrangers dans l'organisme (perfusions, sondes urinaires, matériel chirurgical), plus le risque est grand. Selon les derniers chiffres, moins d'1% des patientes en seraient atteintes en maternité, contre plus de 22% en réanimation.
 
Est-ce que c'est grave?
Ça peut l'être. La gravité d'une infection dépend de l'état du patient, du type de germe incriminé, et de sa localisation. Les infections urinaires, les plus fréquentes, sont en général peu graves, à la différence des infections pulmonaires ou des septicémies. La dernière enquête, menée en 2006 a calculé qu'une infection nosocomiale avait entraîné directement la mort de 4.188 personnes dont le pronostic vital n'était pas engagé à court terme. Mais la France progresserait régulièrement dans ce domaine avec un nombre d'infections en baisse.