Les neuf Afghans ont bien été expulsés

IMMIGRATION Ils sont arrivés à Kaboul ce mercredi...

Avec agence

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A l'aéroport de Lesquin, près de Lille, des manifestants s'opposent au retour de force de sans-papiers afghans, le 20 octobre 2009
A l'aéroport de Lesquin, près de Lille, des manifestants s'opposent au retour de force de sans-papiers afghans, le 20 octobre 2009 — REUTERS/Pascal Rossignol

Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a confirmé ce mercredi que neuf Afghans avaient bien été expulsés de France mardi soir, précisant que toutes les procédures avaient bien «été respectées» par les autorités françaises.

Cependant, l'ambassadeur d'Afghanistan en France, Omar Samad, a déclaré qu'aucun de ces expulsés n'avaient reçu de laissez-passer pour retourner dans leur pays car ils y étaient renvoyés contre leur gré: «Selon la loi et la politique afghane, nous ne fournissons pas de laissez-passer aux Afghans qui ne veulent pas y retourner volontairement.»

Des laissez-passer unilatéraux

Les autorités françaises auraient alors fourni des laissez-passer européens unilatéraux, «dont l'existence est dénuée de toute base légale et juridique» selon la Cimade.

Le charter des neuf Afghans a atterri ce mercredi à Kaboul, la capitale afghane, selon les déclarations à l'AFP du responsable de l'ONG allemande AGEF, Noor Sarwary, chargée de les accueillir.

Des réfugiés du Nord et de Lyon

«L'avion est arrivé, il y a neuf personnes, toutes venues de France», a confirmé le responsable, dont l'ONG sera également chargée aussi de leur réinsertion.

Selon la Cimade, seule organisation humanitaire autorisée à se rendre dans les centres de rétention, huit réfugiés afghans, qui étaient en rétention au centre de Coquelles (Nord), ont été transférés vers Paris dans la journée de mardi en vue de leur expulsion par charter mardi soir. Un neuvième Afghan avait été transféré auparavant de Lyon.

Coup de gueule de Fadela Amara

La secrétaire d'Etat chargée de la politique de la ville, Fadela Amara, a déclaré ce mercredi sur France Info qu'elle était opposée au renvoi des clandestins afghans tant que leur pays était en guerre.

«Je suis contre les expulsions d'Afghans, ce n'est pas la France que j'aime, je souhaite qu'on les garde jusqu'à la fin de la guerre dans leur pays», a assuré Fadela Amara, ajoutant qu'elle était «pour la maîtrise de l'immigration, pour la lutte contre les filières de l'immigration clandestine.»