Les IUFM mollement défendus

Laurent Bainier (avec AFP)

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Environ quatre cents personnes ont défilé à Caen hier pour dénoncer la réforme.
Environ quatre cents personnes ont défilé à Caen hier pour dénoncer la réforme. — M. DANIAU / AFP

Des manifestants un peu à la rue. La journée nationale contre la réforme de la formation des enseignants, lancée pourtant à l'appel de seize organisations, a très peu mobilisé hier. A Paris, ils n'étaient que 3 000 à défiler, d'après le syndicat FSU (600 personnes selon la police). Et dans les autres grandes villes françaises, ils étaient rarement plus de 400. A Marseille, on n'a même dénombré qu'une cinquantaine de manifestants. « C'est un tour de chauffe », a estimé Jean-Baptiste Prévost, président de l'Unef, qui était à l'origine de la journée, alors que le secrétaire général de l'Unsa-Education, Patrick Gonthier, s'est dit « décontenancé » par le peu de monde.

« C'est peut-être une victoire politique pour le gouvernement, mais c'est une défaite pour la pédagogie. Le système mis en place va mener à la catastrophe » et est « en contradiction profonde » avec la réforme du lycée et ses nouveautés pédagogiques, a réagi le secrétaire général du syndicat enseignant Sgen-CFDT, Thierry Cadart. Les manifestants dénonçaient la modification du mode de recrutement des professeurs des écoles, collèges et lycées. Le gouvernement souhaite qu'ils soient embauchés à bac + 5 (master 2), soit un an de plus qu'actuellement, mais veut remplacer l'année rémunérée en tant que fonctionnaire stagiaire en IUFM par trois stages à effectuer pendant le master 2.

Le ministre de l'Education n'a pas été long à tirer les enseignements de cette faible mobilisation. « Nous sommes à la fin [des] discussions, les textes seront publiés dans les meilleurs délais », a déclaré Luc Chatel. W