Jean-Luc Roffé: «En France, les femmes ont Vuitton, l'Oréal, et la chirurgie esthétique»

INTERVIEW Le président d'honneur du syndicat national de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique commente un sondage sur les pratiques des Françaises en la matière...

Propos receuillis par Julien Ménielle

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Assiste-t-on réellement à une augmentation du recours à la chirurgie esthétique?
Oui, mais cette augmentation est parallèle à celle de la population française et de son vieillissement. Il y a en France de plus en plus de personnes âgées en bien meilleure forme qu'auparavant. Mais il existe également une évolution sociétale indéniable.
 
Une évolution de quel type?
Le rapport à l'image s'est transformé. Les gens sont beaucoup plus attentifs à leur corps et à l'image qu'ils renvoient. Cette évolution est légitime et on trouve son reflet dans les médias ou la pubs, ou les personnes âgées sont de plus en plus présentes.
 
Vos patientes sont donc plutôt des femmes âgées?
Non, ce sont des femmes de tous les âges. Elles auraient bien tort de se priver d'un savoir-faire mondialement reconnu en la matière. La liposuccion a été inventée par un Français, et nous avons en la matière un réel sens de l'innovation. En France, les femmes ont Vuitton, l'Oréal, et la chirurgie esthétique. Pourquoi n'en profiteraient-elles pas? Mais les hommes s'y mettent aussi.
 
Les hommes aussi?
Oui, ils sont de plus en plus nombreux à courir, faire du vélo, fréquenter les salles de sport... et à venir nous voir. C'est la conséquence du pilonnage médiatique sur le surpoids, l'obésité.
 
Et les techniques, se sont-elles améliorées?
Bien sûr, les évolutions ont été considérables ces vingt dernières années. Mais c'est surtout la sécurité qui s'est améliorée. Et puis la loi Kouchner, de 2002 et appliquée par décret depuis 2005, a simplifié la vie des patients en les assurant d'un bon encadrement de ces interventions.
 
La démocratisation des prix joue-t-elle aussi un rôle?
Mais quelle démocratisation? On ne parle pas de l'ouverture d'un terrain de tennis... J'opère depuis trente ans, et j'ai toujours eu affaire à des patients de toutes les classes sociales. Seulement aujourd'hui, ils en parlent plus facilement. C'est également à prendre en compte.