Policiers mis en examen: «sur le fait de rentrer, de contrôler, il n'y a rien à dire»

JUSTICE C'est après que ça dérape...

O.R.

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Deux policiers filmés en flagrant délit de vol ont été mis en examen lundi, à Paris. La caméra de vidéosurveillance a permis de mettre en avant les débordements des deux fonctionnaires qui, lors d’une perquisition, auraient volé des cartes téléphoniques et de l’argent. Décryptage.

Qui sont ces policiers?
Des gardiens de la paix de la direction du renseignement. Selon Patrice Ribeiro, secrétaire général adjoint du syndicat de police Synergie, les deux hommes appartiennent à la 12ème section de la direction du renseignement. Ils sont chargés de l’immigration clandestine et du terrorisme.

Un policier a-t-il le droit de rentrer comme ça dans une boutique?
Oui. En France, il n’y a pas de mandat, contrairement à ce qu’on peut voir dans les séries télé américaines. Contacté par 20minutes.fr, un policier explique: «le fait de rentrer, de contrôler l’identité, il n’y a rien à dire». Un policier peut faire une perquisition, notamment en cas de flagrant délit, sans autorisation préalable du parquet. «C’est leur quotidien», précise Patrice Ribeiro, qui confirme que le début de la vidéo est conforme à la procédure.


Des débordements comme celui-ci sont-ils fréquents?
Non.
Contactée par 20minutes.fr, l’IGS ne souhaite pas communiquer pour le moment. Patrice Ribeiro précise que des faits comme ceci «sont très marginaux». Le secrétaire général adjoint de Synergie ajoute que «lorsque ces rares affaires sont mises en lumière, c’est par d’autres policiers, qui n’appartiennent pas à l’IGS. C’est rassurant pour la salubrité de l’institution, qui arrive à se purger».

Où en sont les policiers?
L’enquête est en cours.
Ils ont été mis en examen, précise la préfecture de police de Paris, contactée par 20minutes.fr. Dès la mise en examen, ils ont fait l’objet d’une suspension administrative, pour la durée de l’enquête. L’IGS, la «police des polices» a été saisie.

Que risquent les deux policiers?
La suspension définitive.
«Si les faits sont avérés, c’est très grave et ils n’ont plus rien à faire dans la police», affirme Patrice Ribeiro.