Interdire les minarets: «rien à voir» avec la liberté de culte pour Sarkozy

POLITIQUE Le chef de l'Etat s'exprime sur le référendum suisse contre les minarets...

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Le président de la République, Nicolas Sarkozy, présente son "plan cancer II" à Marseille, le 2 novembre 2009.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, présente son "plan cancer II" à Marseille, le 2 novembre 2009. — GUILLAUME HORCAJUELO/EPA/SIPA

«L’ouverture aux autres est un enrichissement», estime Nicolas Sarkozy, dans sa tribune dans le journal Le Monde daté du 9 décembre. Le chef de l’Etat s’exprime pour la première fois depuis le référendum en Suisse qui interdit la construction de minarets.

Un culte...discret

Il appelle au respect mutuel entre «ceux qui arrivent» et «ceux qui accueillent». Des propos qui ont une résonnance particulière en plein débat sur l'identité nationale. Mais le chef de l'Etat a estimé que l'opposition des Suisses à la construction de minarets n'avait «rien à voir» avec la liberté de culte et que les croyants devaient se garder de «toute ostentation» et «toute provocation», dans une tribune parue mardi dans le quotidien Le Monde.

Chacun «doit pratiquer son culte avec l'humble discrétion qui témoigne non de la tiédeur de ses convictions mais du respect fraternel qu'il éprouve vis-à-vis de celui qui ne pense pas comme lui, avec lequel il veut vivre», poursuit Nicolas Sarkozy.

Au lieu de condamner, comprenons
 
«Au lieu de condamner sans appel le peuple suisse, essayons aussi de comprendre ce qu'il a voulu exprimer et ce que ressentent tant de peuples en Europe, y compris le peuple français (...) ce qui s'est passé n'a rien à voir avec la liberté de culte ou la liberté de conscience», écrit-il.

Jugeant que le vote des Suisses traduisait des «préoccupations, des aspirations de tant d'Européens», le chef de l'Etat ajoute: «les peuples d’Europe sont accueillants, sont tolérants, c'est dans leur nature et dans leur culture. Mais ils ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés».

Mise en garde d'un chrétien
 
S'adressant aux Français musulmans, Nicolas Sarkozy assure qu'il fera «tout pour qu'ils se sentent des citoyens comme les autres, jouissant des mêmes droits que tous les autres à vivre leur foi». «Mais je veux leur dire aussi que, dans notre pays, où la civilisation chrétienne a laissé une trace aussi profonde, où les valeurs de la République sont partie intégrante de notre identité nationale, tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l'échec l'instauration si nécessaire d'un islam de France», met-il en garde.
 
«Chrétien, juif ou musulman, homme de foi, quelle que soit sa foi, croyant, quelle que soit sa croyance, chacun doit savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation», dit le président.

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