Des portables au vol imaginaire

William Molinié

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Un tiers des plaintesà Paris pour vol de mobile avec violence seraient abusives.
Un tiers des plaintesà Paris pour vol de mobile avec violence seraient abusives. — S. POUZET / 20 MINUTES

Vols de téléphone portable, « avec violence ». La nuance est capitale. Car à chaque dépôt de plainte enregistré par une victime dans un commissariat, une enquête est ouverte, mobilisant un policier. Problème, sur l'ensemble des plaintes déposées pour « vol avec violence » d'un mobile, un tiers d'entre elles seraient mensongères, soit environ 500 procès-verbaux l'an dernier à Paris.

Une escroquerie aux assurances pour se faire rembourser son téléphone portable. « C'est la raison pour laquelle les opérateurs proposent plusieurs niveaux d'indemnisation », explique-t-on à l'Association française des opérateurs mobiles, qui précise que l'année dernière, les vols de téléphones ont cependant baissé de 10 % sur le territoire national. Généralement, les assurances les moins chères ne prennent en compte que le vol « avec violence ». Au mieux, le vol à l'arraché. Du coup, « certains déclarent qu'on leur a volé leur portable en les menaçant avec un couteau, par exemple, alors qu'ils l'ont tout simplement perdu ou cassé », explique-t-on chez un opérateur. « Surtout, on ne voudrait pas que ça donne de mauvaises idées », justifie-t-on. Les fonctionnaires de police, eux, insistent sur le fait que la dénonciation de crime imaginaire est un délit au même titre que l'escroquerie à l'assurance. Des faits passibles de poursuites pénales, d'amendes, voire de peines de prison. La suppression de la mention « avec violence » dans les contrats d'assurances pourrait être une solution efficace pour décourager ce genre d'abus. W