Jean-Pierre Treiber: «C’était ça ou je m’accrochais»

JUSTICE L’évadé le plus célèbre de France s’est expliqué pendant plus de deux heures sur les motivations de sa cavale...

N. B. avec agence

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Jean-Pierre Treiber clamait son innocence.
Jean-Pierre Treiber clamait son innocence. —

Il était invité à causer et il s’est exécuté. Jean-Pierre Treiber, unique accusé du double assassinat de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier en 2004, s'est expliqué pendant plus de deux heures, lundi, devant une juge d'instruction sur les motivations de sa cavale rocambolesque.

Arrivé vers 16h à bord d'un fourgon pénitentiaire escorté par des motards, il a été reconduit en début de soirée vers sa cellule de Fleury-Mérogis, où il est incarcéré depuis son interpellation fin novembre. «Mon client s'est expliqué complètement sur son évasion», a déclaré devant la presse son avocat, Maître Eric Dupond-Moretti, à sa sortie de l'audition.

«Il a répondu à toutes les questions»

«Il a répondu à toutes les questions, l'interrogatoire a été extrêmement précis et s'est déroulé en présence du procureur» d'Auxerre, François Pérain, a ajouté l'avocat, sans cependant laisser filtrer la moindre précision, si ce n'est que Jean-Pierre Treiber affirme avoir passé plusieurs semaines en forêt.

Depuis son interpellation, Jean-Pierre Treiber était resté muet sur les péripéties de cette cavale, entamée le 8 septembre après son évasion de la maison d'arrêt d'Auxerre. Les enquêteurs ont la quasi-certitude de la brièveté du séjour en forêt de l'évadé, contrairement à ce qu'il écrivait dans ses lettres très médiatisées. Ils ont procédé à plusieurs gardes à vue, notamment dans le village de Bréau, en Seine-et-Marne, où Jean-Pierre Treiber avait ses habitudes.

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«Il s'est expliqué sur son parcours en forêt où il a passé plusieurs semaines, sur ses lettres, sur tout. Il s'est expliqué sur la façon dont il s'est évadé, sur ses motivations, indiquant notamment ‘C'était ça ou je m'accrochais’», a ajouté l'avocat, évoquant un projet suicidaire que Jean-Pierre Treiber aurait mûri en prison.

«Régler ses comptes»

Dans la première lettre envoyée à la presse après son évasion, Jean-Pierre Treiber s'était justifié par son intention de «régler ses comptes» avec d'éventuels complices. «Je pense qu'il ne sera plus réentendu sur cette histoire d'évasion», a conclu l'avocat, qui assistait, pour la première fois, à cette troisième convocation devant la juge d'instruction Aurélia Schaff.

A la suite de sa cavale, cinq personnes ont été mises en examen: un ancien codétenu, Flavien Cosson, accusé de «complicité d'évasion», et quatre proches, mis en examen pour «recel de malfaiteurs». Deux ont été écrouées: Michel Huys, 57 ans, et Régis Charpentier, 53 ans, considérés comme les «plus impliqués».

Procès en avril

Michel Huys, collègue de Jean-Pierre Treiber à l'époque où il était garde-forestier dans l'Essonne, l'a accueilli le 10 octobre dans sa ferme des Ecrennes. Régis Charpentier, au «passé judiciaire chargé», l'avait hébergé dans un studio à Melun et est soupçonné d'avoir tenté de négocier des droits d'auteur et des droits à l'image de Jean-Pierre Treiber auprès de différents médias.

Ce dernier avait assuré qu'il serait présent lors de son procès devant les assises de l'Yonne, prévu en avril prochain, pour le double assassinat de Géraldine Giraud et de Katia Lherbier, dont les corps avaient été découverts dans sa propriété, à Villeneuve-sur-Yonne, dans l'Yonne, le 9 décembre 2004.