L'histoire-géographie en phase terminale

Vincent Vantighem
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Hubert Tison, représentant des profs d'histoire-géo, se plaint d'un dialogue de sourds.
Hubert Tison, représentant des profs d'histoire-géo, se plaint d'un dialogue de sourds. — M. DOVIC / 20 MINUTES

   Les universitaires ont été rejoints par des hommes politiques de gauche et de droite, des philosophes, des psychiatres, des anonymes... Plus de 8 000 personnes avaient signé, hier, l'appel lancé par l'Association des professeurs d'histoire-géographie (APHG) pour la sauvegarde de leur discipline. 

   Dévoilée jeudi prochain, la réforme du lycée prévoit en effet de rendre cette matière optionnelle en terminale scientifique. « Cette décision ne peut que susciter la stupéfaction par son décalage avec les nécessités évidentes de la formation de jeunes Français au début du XXIe siècle », ont déclaré en réponse une vingtaine d'historiens dans Le Journal du Dimanche. 

   Pas suffisant pour convaincre Luc Chatel. « On ne supprime pas le programme d'histoire-géo en terminale car il sera vu en première », a réagi, hier après-midi, le ministre de l'Education. La réforme du lycée prévoit en effet de passer de deux heures trente à quatre le nombre d'heures de cours dédiées à l'histoire-géographie en classe de première. « C'est un tour de passe-passe, a confié à 20 Minutes Hubert Tison, le président de l'APHG (lire ci-dessous). Le nombre d'heures était déjà de quatre en 1990. Ce n'est qu'un juste retour des choses. » 

   Confiné au monde de l'enseignement, le débat a pris, hier, une tournure politique. Dans un communiqué, le Parti socialiste a demandé au gouvernement de revenir sur cette réforme, estimant que « priver les élèves de terminale scientifique d'une matière aussi essentielle était irresponsable et dangereux ». Il reste trois jours à Luc Chatel pour bachoter le sujet avant de le présenter au Conseil supérieur de l'éducation. W