Avec «Tabou», le négationnisme sans tabou

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A Lyon, le négationnisme n’est toujours pas de l’histoire ancienne. Alors que les conclusions du rapport Rousso, consacré au négationnisme à l’université Lyon-III, viennent d’être rendues publiques (lire ci-dessous), le milieu révisionniste local demeure très actif. En dépit des condamnations pénales à six mois de prison avec sursis qui ont frappé en 2000 son fondateur, Jean Plantin, la maison d’édition Akribeia (« exactitude », en grec), basée dans la banlieue de Lyon, continue de soutenir une activité foisonnante. 20 Minutes a pu se procurer les derniers numéros de Tabou, une luxueuse revue vendue 20 e et diffusée par Akribeia. Ils datent de novembre 2003 et mai 2004. Plusieurs des textes qui y sont développés seraient susceptibles de tomber, à nouveau, sous le coup de la loi. Il y est question du « typhus dans les camps de concentration », un thème cher aux négationnistes pour qui « on n’a gazé que des poux » pendant la guerre, selon l’expression de Darquier de Pellepoix, commissaire aux questions juives de Vichy. Dans le volume 6 Tabou, une large publicité est également faite à « quelques sites Internet non conformistes », en fait, ouvertement néonazis, pro-aryens ou révisionnistes. Chaque exemplaire de Tabou est livré avec un catalogue des ouvrages d’Akribeia, dont certains ont déjà été l’objet de condamnations. Agé de 39 ans, Jean Plantin, diplômé d’histoire de Lyon-II et Lyon-III après avoir soutenu des thèses révisionnistes, n’apparaît plus juridiquement dans la société aujourd’hui. Il a vendu ses parts, le 10 septembre 2001, à sa mère Yvonne (81 ans) et à son père spirituel, Robert Faurisson (75 ans), un mandarin du négationnisme français et ancien enseignant à Lyon-II. Fabrice Arfi

propagande Le Cercle Marc-Bloch, une association anti-négationniste, estime que des ouvrages comme Tabou « développent la propagande qui arme le bras des profanateurs » de cimetières. « Cela pose la question de la justice à l’égard des délits racistes. »