Grippe A (H1N1): Quelles solutions pour les exclus du système de vaccination?

SANTE Roselyne Bachelot assure qu'elle leur réserve des vaccins monodoses et des équipes mobiles, mais en pratique rien n'est prévu...

Julien Ménielle

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Dans toute la France, comme ici à Toulouse, des professionnels de la santé accueillent les personnes venant se faire vacciner.
Dans toute la France, comme ici à Toulouse, des professionnels de la santé accueillent les personnes venant se faire vacciner. — F. SCHEIBER/20MINUTES

«Ces vaccins, j'en ai besoin parce qu'en France, il y a des gens qui ne vont ni dans les centres de vaccination, ni dans les cabinets médicaux.» Roselyne Bachelot n'en démord pas, elle n'a pas de vaccins monodoses contre la grippe A (H1N1) à mettre à disposition des médecins généralistes. La ministre de la Santé aurait donc prévu une solution pour les exclus du dispositif actuel?
 
Des équipes mobiles, mais quand?
 
«Avec ça, je vaccine les sans domicile fixe, je donne les doses unitaires aux équipes de maraude qui vont vacciner les plus fragiles d'entre nous», a affirmé lundi Roselyne Bachelot. Sur le site dédié du ministère, on apprend en effet dans une note, ajoutée le même jour, que «les personnes en situation précaire qui ne se présenteraient pas en centre de vaccination pourront bénéficier d’une vaccination par des équipes mobiles de vaccination».
 
Des équipes mobiles dont le ministère a assuré à 20minutes.fr, qu'elles s'occuperont aussi des handicapés et des personnes maintenues à leur domicile. Quand elles seront mises en place à une date que les services de Roselyne Bachelot sont bien en peine de donner, puisqu'elle n'a pas été fixée. Pas fixé non plus, le dispositif concernant les pensionnaires des établissements de santé.
 
Rien de prévu pour les maisons de retraite et les prisons
 
«Il y a eu des circulaires sur la grippe saisonnière et sur la vaccination des personnels», se souvient une porte-parole de la fédération hospitalière de France, contactée par 20minutes.fr. Mais rien concernant la grippe A. Des équipes mobiles avaient bien été évoquées, notamment pour les maisons de retraite», note la porte-parole, mais rien de concret n'a été mis en place.
 
Du concret, il n'y en a pas plus du côté des prisons. «J'ai entamé un travail pour recenser les détenus qui souhaitent être vaccinés, et j'ai demandé à la Drass de me fournir des vaccins», explique à 20minutes.fr le Dr Fadi Meroueh, exerçant à la maison d'arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone. L'initiative a été menée en partenariat avec les autorités sanitaires locales sans qu'aucune recommandation du ministère ne lui soit parvenue.

Pas assez de vaccins?
 
«Il y a en France plus d'un million de personnes soignées chez elles, dont un grand nombre présentent des risques de complications», assurait récemment le président du syndicat de généralistes MG France à 20minutes.fr. Les «250.000 vaccins à monodose sans adjuvant et 500.000 avec adjuvant» annoncés lundi par Roselyne Bachelot pourraient vite être insuffisants.