Les scooters roulent à tombeau ouvert

SECURITE Une campagne de prévention sur les deux-roues vient d'être lancée...

Vincent Vantighem

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Il y a Sophie, la mère de Jorick, qui aimerait donner sa vie pour «rendre des pattes à [son] fils». Il y a Mélanie, qui a «rebondi dans les trois voitures d'en face». Il y a aussi Joëlle, qui n'arrête pas de penser à la tête de son frère «qui passe sous les roues». Tous ont en commun d'avoir vécu un drame à cause d'un scooter. Tous ont le courage de le raconter.
 
72 tués en 2008 contre 105 en 2007
 
Avec cinq autres personnes, Sophie, Mélanie et Joëlle prêtent leurs tragiques histoires à «Mortel Scooter»*, une campagne de prévention routière en vidéos lancée ce matin, en France. En un an, le nombre de tués en scooter a bien diminué de 31,5% (72 en 2008 contre 105 en 2007). Mais ce deux-roues reste la première cause de mortalité sur la route pour les jeunes de 14 à 17 ans. «Et le nombre de blessés reste au dessus des 5.000, révèle Thomas Le Quellec, porte-parole de l'association Prévention routière. Il faut continuer à interpeller les consciences.»
 
Et à proposer des solutions. Comme il y a un an, l'association a préconisé hier de transformer le brevet de sécurité routière en un «vrai permis» et à mettre en place un «contrôle technique» du scooter. «Certains jeunes débrident leur machine pour atteindre 100 km/h mais ne changent rien à leurs freins. Ce sont des bolides de circuit qu'on lance sur les routes de campagne», poursuit le porte-parole de l'association.
 
A la direction de la sécurité et de la circulation routière, on se défend pourtant de tout immobilisme. «Une grande réflexion est en cours. Depuis juin, nous avons déjà eu quatre réunions sur ce sujet.» La prochaine est prévue  début 2010.