Une grève des routiers menace le menu du réveillon

TRANSPORTS Les syndicats appellent à cesser le travail pour réclamer une revalorisation salariale...

J. M. avec agence

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Les poids lourds pourraient un jour devoir payer des droits de péages spécifiques en Europe pour la pollution, le bruit ou les embouteillages qu'ils provoquent, si une proposition en ce sens de Bruxelles se concrétise.
Les poids lourds pourraient un jour devoir payer des droits de péages spécifiques en Europe pour la pollution, le bruit ou les embouteillages qu'ils provoquent, si une proposition en ce sens de Bruxelles se concrétise. — Thomas Coex AFP/Archives

Peur sur Noël. Cinq syndicats de routiers appellent à la grève à partir du 13 décembre à 21h30 pour réclamer des revalorisations de salaire. Pas de quoi gâcher les vacances, mais un vrai risque de diète imposée pour le repas du réveillon.
 
Payés en-dessous du Smic en janvier
 
«Un camion de marchandise bloqué, c’est un camion perdu pour nous car nos produits ne peuvent pas être stockés», a raconté au Parisien Jean-Paul Meyronneinc, délégué général de l’Union nationale du transport frigorifique. Selon lui, «en cas de rupture d’approvisionnement de quatre ou cinq jours, les repas de Noël seront compromis.»
 
La raison du courroux des salariés du transport routier de marchandise et de la logistique? Leur salaire, qui est de 1.300 euros bruts mensuels à l'embauche. «On est dans une profession complètement paupérisée et en janvier mécaniquement lorsque le Smic sera revalorisé, l'intégralité de la grille salariale des routiers sera en dessous du Smic», a même expliqué Maxime Dumont, secrétaire général de l'Union fédérale CFDT transports, principal syndicat du secteur.
 
Une situation pas si catastrophique
 
«Notre action cible le transport routier de marchandise, car il n'y a eu aucune augmentation depuis deux ans», renchérit Thierry Douine, président de la CFTC transports routiers. Le secteur serait en difficulté, selon le patronat. Mais pour le syndicaliste, les suppressions massives d'emploi «n'ont pas eu lieu» et «il n'y a plus d'embauche, c'est vrai mais dire que des pans entiers ont disparu, c'est faux».
 
Quelque 500.000 salariés sont concernés et appelés à faire grève par la CGT, CFDT, FO, CFE-CGC et CFTC. Les syndicats réclament le passage à 10 euros de l'heure pour les salariés au coefficient le plus élevé, 4% d'augmentation pour toute la grille et 3% pour l'augmentation des frais de déplacement.