Un père réclame la garde de sa fille née sous X, le parquet s'y oppose

JUSTICE L'affaire était examinée par la cour d'appel d'Orléans ce mardi...

C. F.

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Alors que la justice a récemment accordé à des grands-parents le droit de prouver leur filiation avec leur petite-fille née sous X, une nouvelle affaire était portée devant la justice ce mardi. La cour d'appel d'Orléans examinait la demande d'un père qui souhaite récupérer la garde de sa fille née sous X.

Le procureur général s'y oppose, qui a demandé le maintien dans sa famille d'adoption de l'enfant de trois ans. «Le procureur général estime que l'intérêt de l'enfant est de rester chez sa famille adoptive. Les conditions légales sont remplies et conformes à son intérêt», a déclaré à la presse Pierre Verdier, un des conseils du père, à l'issue de l'audience.

Tests ADN

Les faits remontent en août 2006, raconte le Parisien daté de ce lundi. La compagne de Julien Charnolé disparaît pendant 48 heures. Il la retrouve à la maternité, au Mans, et découvre qu'elle est enceinte de neuf mois. Jeanne voit le jour le lendemain, sous X, conformément au souhait de la mère, qui affirme qu'elle est «le fruit d'un viol collectif».

Mais en janvier 2008, Julien Charnolé apprend que des tests ADN réalisés deux ans plus tôt pour les besoins de l'enquête confirment qu'il est le père de la fillette. Aujourd'hui, cet ingénieur de 29 ans conteste l'adoption plénière accordée en mai dernier à une famille où l'enfant a été placé à l'âge de 4 mois.  

«On fait des tests ADN sur moi et ma fille le 18 et 19 décembre et on a placé Jeanne le 20 décembre en famille adoptive. On n'a pas attendu les résultats. C'est pas logique», a-t-il souligné ce mardi. «Si ce problème est regardé avec le coeur, l'humain, pas purement en droit strict, je pense qu'il va se passer des choses. On ne peut pas continuer à nous faire croire que c'est l'intérêt de Jeanne de lui cacher son père», a-t-il ajouté.

«Une solution qui ménage l'un et l'autre»

Pour l'avocat, «il faut trouver une solution qui ménage l'un et l'autre. On ne peut pas nier que l'enfant a un vécu avec ses parents adoptifs mais on ne peut pas nier non plus que Etienne Charnolé est son père.»

La cour d'appel a mis sa décision en délibéré au 26 janvier.