Le sida, un sujet toujours tabou dans les entreprises

SANTE Les séropositifs révèlent rarement leur situation à leur employeur...

Delphine Bancaud

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La loi du silence règne toujours dans les entreprises françaises concernant le sida. «Environ 70% des séropositifs ne révèlent pas leur situation sur leur lieu de travail», indique Jean-Louis Lecouffe, de l'association Aides. Et ce, par crainte d'être discriminés ou considérés comme «inemployables». Un silence douloureux car ils doivent, par exemple, cacher les effets secondaires de leur traitement médical ou leur état de faiblesse certains jours. « Ils ne peuvent pas non plus bénéficier d'un aménagement du temps de travail en cas de besoin », ajoute Jean-Louis Lecouffe.

Des initiatives, mais au sein des filiales africaines

Sur la base de ce constat, l'association recommande aux directions des entreprises de s'engager clairement dans la lutte contre les discriminations liées au VIH. Car pour l'heure, rares sont celles qui ont pris position. «Les initiatives menées le sont le plus souvent au sein de filiales africaines de grands groupes, mais très rarement au niveau des sièges», souligne Erick Maville, directeur régional de la Coalition mondiale des entreprises, qui fédère l'action de 220 groupes impliqués dans la lutte contre le VIH.

Cette organisation a lancé en 2008 une déclaration de non-discrimination à l'égard des personnes vivant avec le virus. En France, onze grands groupes (Total, Areva, Veolia, etc.) l'ont signée et ont mis en place des actions de sensibilisation sur ce thème. « Pour les inciter à aller plus loin, un bus d'information ira à la rencontre de leurs salariés en septembre prochain », annonce Erick Maville. Une campagne de sensibilisation va également être organisée avec le Medef auprès d'autres entreprises du CAC 40. Avec l'idée que leurs initiatives fassent boule de neige ensuite dans les PME.