Trop de séropositifs qui s'ignorent

SANTE Pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, 20 Minutes fait le point...

Charlotte Mannevy

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C'est la spécificité de l'épidémie de sida en France. Si le taux de contamination de l'ensemble de la population est assez faible - 144.000 personnes séropositives -, et les traitements accessibles, l'Hexagone connaît un retard manifeste en matière de dépistage: 40.000 séropositifs vivent ainsi sur le sol français en ignorant tout de leur état sérologique.

Une ignorance qui retarde leur accès au traitement et pose aussi des problèmes en termes de prévention, à l'heure où 7.000 personnes sont contaminées chaque année. Un chiffre qui ne baisse pas, malgré les campagnes d'information.

Comment dépister?

Des associations, comme Aides, mènent des actions ciblées à destination des populations les plus exposées, comme les homosexuels dont le risque d'être un jour contaminés par le virus est deux cents fois supérieur à la moyenne. L'Etat devrait lui aussi bientôt se saisir du problème à l'occasion du lancement du nouveau plan VIH/IST (infections sexuellement transmissibles) qui doit être présenté par la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, fin janvier.

En octobre, la Haute Autorité de santé recommandait la mise en place d'un dépistage généralisé de la population, qui serait proposé par les médecins de ville à leurs patients. Une proposition appuyée par la mission réduction des risques sexuels qui a remis son rapport fin novembre à Roselyne Bachelot. La mission demande également une prévention spécifique à destination des personnes séropositives. Selon elle, un quart des couples sérodifférents (quand un seul des partenaires est infecté) n'utilise pas systématiquement le préservatif.