L'Assemblée enterre le projet de loi sur l'euthanasie

LEGISLATION Le groupe PS prône pour sa légalisation...

M.D. avec agence

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Une femme de 31 ans vivant dans l'Hérault, atteinte d'une maladie dégénérative, demande un referendum sur le suicide assisté et le droit à mourir dans la dignité et a lancé un appel en ce sens au président de la République, a rapporté mardi le quotidien Midi Libre.
Une femme de 31 ans vivant dans l'Hérault, atteinte d'une maladie dégénérative, demande un referendum sur le suicide assisté et le droit à mourir dans la dignité et a lancé un appel en ce sens au président de la République, a rapporté mardi le quotidien Midi Libre. — Etienne Ansotte AFP/archives

Le résultat du vote est sans surprise. L'Assemblée a rejeté, ce mardi, une proposition de loi défendue par le socialiste Manuel Valls qui voulait instaurer «une assistance médicale pour mourir dans la dignité».
 
L'UMP a massivement voté contre, à dix exceptions près, dont Olivier Dassault et deux députés villepinistes, Jean-Pierre Grand et George Tron, qui se sont prononcés pour. Au total 326 voix contre seulement 202 en faveur du texte. La proposition de loi de Manuel Valls prévoyait que «toute personne majeure», «peut demander à bénéficier, dans les conditions strictes, d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité».
 
«Le droit à la mort n'est pas un acte médical»

Ecartant le texte, l'UMP et le Nouveau centre ont souhaité l'application de la législation actuelle. «L'euthanasie n'est pas un acte médical. Le droit à la mort n'est pas un acte médical», a déclaré le député UMP Jean Leonetti, auteur d'une loi sur la fin de vie en 2005.

>> Notre dossier spécial sur l'euthanasie, ici
 
«Il demeure plus d'un millier de personnes sans solution», a plaidé Laurent Fabius (PS) pour défendre le texte présenté par son groupe. «Ou bien on accepte hypocritement que de nombreuses euthanasies soient pratiquées sans règle ni contrôle, ou bien on accepte le choix d'une fin de vie encadrée par des règles précises, avec une protection pour le malade et pour le médecin», a-t-il conclu.
 
Pour Jean-Luc Romero, président de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), contacté par 20minutes.fr, «pour une fois, un groupe a eu le courage de proposer la légalisation de l'euthanasie». Il regrette que le débat sur un «si grand thème de société» n'avance pas.