24 heures sans immigrés, ça se passerait comment?

IMMIGRATION C'est ce que veut faire un collectif pour protester contre la politique d'immigration...

O.R. avec agence

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Logo de la Journée sans immigrés.
Logo de la Journée sans immigrés. — Eleonora Machline

Et si le 1er mars 2010, les immigrés s'arrêtaient de travailler et de consommer durant 24 heures? Ce projet d'action, lancé par un collectif, entend protester contre la politique d'immigration.

«Nous voulons ainsi exprimer un véritable ras-le-bol de voir les immigrés utilisés par les politiques comme des boucs émissaires en période de crise économique et d'élections», explique Nadia Lamarkbi, présidente de l'initiative «la journée sans immigrés, 24H00 sans nous». Objectif aussi: «marquer la nécessité de notre présence».

D’où vient l’idée?
A l’origine du projet, les propos de Brice Hortefeux, le ministre de l’Intérieur, sur un jeune militant UMP d’origine maghrébine lors de l’Université d’été de son parti. «Un déclic», dit Nadia Lamarkbi, qui dit avoir voulu montrer par l’exemple le poids économique des immigrés en France. Elle a alors calqué cette idée de boycott économique sur un vaste mouvement de protestation mené par les Latinos-Américains aux Etats-Unis en 2006 contre la politique d'immigration.

Pourquoi arrêter de travailler?
«C'est l'occasion de prouver que la sueur des immigrés fait tourner l'économie française!», souligne Malik Redane, Algérien de 42 ans, travaillant clandestinement sur des chantiers. Pour Seydou Cissé, ingénieur trentenaire d'origine ivoirienne, dans un contexte de crise, ce boycott «peut être une façon très efficace de faire entendre un refus massif de la stigmatisation et de l'instrumentalisation des immigrés et de leurs descendants».

«C'est notre manière de réfléchir sur la place des immigrés et de leurs descendants en plein débat instrumentalisé sur "l'identité nationale" et de réclamer le respect», conclut Nadia Lamarkbi.

Qui est concerné?
Les «immigrés, descendants d’immigrés et citoyens conscients de l’apport essentiel de l’immigration». Assez flou, donc.

Quel impact peut-on attendre?

Difficile à chiffrer. Notamment car en France, les statistiques ethniques sont interdites. Les personnes immigrées ou issues de l’immigration travaillent dans tous les secteurs et consomment aussi dans tous les secteurs. Rien ne devrait être paralysé, mais tout devrait être ralenti... à condition que le mouvement soit vraiment suivi. Il ne s’agit pas d’une grève donc comment arrêter vraiment de travailler?

Quel ampleur pour ce projet?
Le projet a rapidement tissé sa toile sur le Net. Nadia Lamarkbi avoue avoir été «surprise par l'engouement rencontré sur Internet» via un site, un blog et une adresse Facebook qui compte déjà 5.000 fidèles.

«Tout a été très vite», dit-elle, «je n'envisageais qu'une action sur Paris mais nous avons déjà 10 comités en province. Nous avons été rejoints par des chercheurs, des politiques, des syndicats, de grandes associations comme le Réseau éducation sans frontières, ainsi que de nombreux citoyens qui nous disent "on n'attendait que cela"».

Pourquoi le 1er mars?
La date du 1er mars marque le cinquième anniversaire de l'entrée en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), qui instaurait une immigration «choisie» sur des critères économiques.

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