Vaccination contre la grippe A (H1N1): Revenez demain!

REPORTAGE Dans le 9e arrondissement, le personnel médical n'arrive pas à faire face à l'afflux de femmes enceintes et de jeunes parents...

Maud Descamps

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Le centre de vaccination Paul Gauguin dans le 9e arrondissement de Paris ferme ses portes à 15h30 par manque de médecins.
Le centre de vaccination Paul Gauguin dans le 9e arrondissement de Paris ferme ses portes à 15h30 par manque de médecins. — Maud Descamps/20minutes.fr

«Mais quelle organisation!», lance un vieux monsieur devant la porte close du centre de vaccination. Comme lui, des dizaines de personnes se font refouler à l'entrée du gymnase Paul Gauguin, ce mardi, transformé en centre de vaccination contre la grippe A (H1N1). «Le centre ferme dans deux heures et il y a plus de cent personnes qui attendent déjà à l'intérieur», explique l'un des membres de l'équipe du centre. Pas une personne de plus n'est autorisée à rentrer.
 
Quatre heures d'attente

Des numéros ont été distribués aux personnes qui se sont présentées au centre en début d'après-midi. Les numéros vont jusqu'à 320. Un papa et son fils sortent du gymnase. «C'est n'importe quoi. Nous avons attendu quatre heures avant de pouvoir être vaccinés», explique-t-il. «Et ce n'est pas la première fois que nous venons. Nous avons déjà été refusés hier parce qu'il y avait trop de monde», ajoute-t-il.
 
Le problème n'est pas tant le nombre de demandes, mais le manque de personnel. Ici, seulement deux médecins ont été dépêchés. «J'ai fait la demande d'un troisième médecin à la Ddass», explique une des responsables du centre aux jeunes mamans qui commencent à perdre patience. «Mais pour le moment je n'ai pas eu de nouvelles», ajoute-t-elle. Conséquence: le centre ferme à 15h30 et non pas à 19h30 comme cela était prévu. Les personnes prioritaires ont donc entre 8h30 et 15h30 pour venir se faire vacciner.
 
Les infirmières menacent de faire grève

«J'accouche dans deux semaines. C'est la deuxième fois que je viens. Je pense que je ne vais pas me faire vacciner», confie une future maman. «En plus on n'est même pas sûrs qu'il y aura encore des vaccins sans adjuvant demain», ajoute la jeune femme. Derrière elle, une autre maman vient d'apprendre qu'elle ne pourra se faire vacciner non plus. «Je suis allée chercher exprès mon fils à la garderie et j'ai fait garder mon autre enfant pour pouvoir venir et maintenant, on me dit que ce n'est pas possible», s'emporte la jeune femme, «En plus, j'ai téléphoné ce matin pour savoir à quelle heure je pouvais venir», explique-t-elle.
 
Un des membres de l'équipe du centre explique, à demi-mot, qu'en plus du manque de personnel, «les infirmières ont menacé de faire grève. Il a trop de travail». Le petit groupe qui s'était formé devant la porte se disperse progressivement. Certains retenteront le coup demain, mais passeront «un coup de fil avant», d'autres sont trop en colère et préfèrent ne pas se faire vacciner.