Malaise à lyon-corbas

à Lyon, Elisa Frisullo

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Dans les couloirs de la maison d'arrêt Lyon-Corbas, la tension est montée d'un cran. La vague de violence qui, depuis trois semaines, déferle sur cet établissement présenté comme une prison modèle, a donné lieu ce week-end à de nouveaux incidents. « Un gardien s'est fait insulter et frapper par des détenus samedi pendant la promenade », indique Emmanuel Chambaud, délégué du syndicat Ufap à Corbas. Dimanche, il aura fallu le renfort des équipes régionales d'intervention et de sécurité pour que 200 détenus, qui refusaient de quitter la cour de promenade, regagnent finalement leurs cellules. « L'incident a été géré et tout est rentré dans l'ordre », a indiqué, hier, la direction interrégionale des services pénitentiaires, se refusant à tout commentaire.

Selon la CGT, un quart des surveillants de Corbas sont en arrêt maladie. « Ils sont épuisés. Les agressions se multiplient, leurs conditions de travail se sont dégradées et la direction ne réagit pas », ajoute Emmanuel Chambaud. « L'administration doit s'engager à mettre les moyens humains nécessaires avant que l'irréparable se produise », ajoute la CGT. Un sentiment d'urgence que partage le sénateur du Nord Jean-René Lecerf, venu visiter Corbas le 16 novembre. « Dans cette prison moderne, les surveillants se retrouvent à jouer le rôle de porte-clés et non plus celui de la sécurité et de l'aide à la réinsertion. Il y a un besoin urgent de renfort en personnel », déclare l'élu, qui doit présenter un rapport sur les prisons vendredi au Sénat. Les avocats lyonnais déplorent également l'insécurité des lieux. « Un seul surveillant aux parloirs ne peut assurer notre protection », indique Me Gaël Candela. W