Elle menait grand train avec l'argent de ses voisins

ESCROQUERIE Une jeune femme a été condamnée à trois mois de prison ferme...

Avec agence

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Des billets de 500 euros.
Des billets de 500 euros. — Photo Flickr CC/ By 1Suisse

Vacances à Cuba, en Thaïlande, pose d’implants mammaires, la jeune femme de trente ans ne se refusait rien. Pas étonnant, vu qu’elle ne payait rien. Inès Z. a mené grand train pendant un an, grâce aux comptes bancaires de ses ex-voisins âgés de 71 et 83 ans. Elle a été condamnée mardi à 15 mois de prison dont trois mois fermes, par le tribunal de Nanterre.

D'avril 2008 à avril 2009, la jeune femme a utilisé les cartes de crédit et chèques de ses ex-voisins, à Asnières-sur-Seine (Hauts-de-Seine), à hauteur de 19.600 euros. Elle avait noué avec le couple une relation d'amitié.

Malaise feint ou réel

«J'ai fait une commande sur internet pour un spectacle, je suis allée au restaurant, j'ai invité des copines, c'était du grand n'importe quoi», a-t-elle expliqué, en pleurs, au président de la 14è chambre, Olivier Fourmy. La jeune femme, en talons hauts et cheveux tirés en queue de cheval, appelée une première fois à la barre, s'est effondrée, dans un malaise feint ou réel. Revenant devant le tribunal, elle s'est adressée, en pleurs, à la septuagénaire: «je sais que je vous ai fait du mal, que je vous ai déçus, je le sais, Mamoune».

«J’ai honte de moi»

La vieille dame, en fauteuil roulant, a évoqué leur rencontre, en 2005: «elle se disputait avec son mari, qui lui a donné des coups. Mon mari est sorti, et nous l'avons récupérée, elle saignait». La jeune femme aidait le couple, avec lequel elle passait du temps. En 2008, Inès Z. commence à utiliser leur carte bleue, puis leurs chèques: «je ne sais pas ce qui m'a pris, il y avait une facilité d'argent, j'ai honte de moi».

Elle interceptait les relevés bancaires


Pour que le couple ne se rende pas compte des sommes manquantes, la jeune femme transférait de l'argent depuis le compte épargne, utilisé comme «bas de laine». Elle intercepte également les relevés bancaires avant qu'ils n'atterrissent entre les mains de leurs destinataires.

La jeune femme a été condamnée à 15 mois de prison dont trois mois fermes et un an de sursis avec mise à l'épreuve, et à l'indemnisation de ses victimes à hauteur de 19.000 euros au titre du préjudice matériel, 2.000 euros chacun au titre du préjudice moral, et 750 euros de frais de défense.