Clairvaux, une «prison maudite»

FOCUS Le centre pénitentiaire est connu pour être l'un des plus durs de France...

Oriane Raffin

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Maison centrale de Clairvaux, dans l'Aube
Maison centrale de Clairvaux, dans l'Aube — POUZET/SIPA

Clairvaux, «c’est une prison maudite», résume l’avocat Thierry Lévy, contacté par 20minutes.fr, à l’évocation de cette centrale où un prisonnier, armé, à pris un gardien en otage, ce mardi. «Je ne suis pas du tout surpris par la prise d’otage», confie-t-il.

Située dans un ancien monastère, un «très bel endroit», selon l’avocat, «très isolé, majestueux, impressionnant», cette prison a une longue histoire. Déjà Victor Hugo, en 1834, en parlait. Dans son roman Claude Gueux, il relate comment un ancien détenu, tellement maltraité lors d’une courte incarcération, est revenu tuer un surveillant.

«Ensuite, l’histoire de cette prison est émaillée d’incidents», poursuit Thierry Lévy. De la prise d’otages et évasion manquée de Claude Buffet et Roger Bontems, en 1971, à la tentative d’évasion collective des années 1990, réprimée très durement, Clairvaux s’est illustrée par «de fortes tensions», résume Thierry Levy.

«Un monde à part»


L’avocat explique que traditionnellement la direction de cet établissement pénitentiaire «est dure». Il s’agit de la prison qui détient le plus de prisonniers pour longues peines, «souvent des personnes privées d’espoir, qui n’obtiennent ni libération conditionnelle, ni autorisation de sortie et n’ont pas de politique de réinsertion».

Résultat: «les relations avec le personnel sont très tendues.» Le personnel, lui, vit souvent sur place, dans l’ancienne abbaye, avec femmes et enfants. «On est surveillant de père en fils», raconte Thierry Lévy, «c’est vraiment un monde à part».