Un établissement pour personnes âgées ferme après le décès suspect d'un pensionnaire

POLEMIQUE La Ddass parle de négligences et de blessures, mais pour l'Association française de protection et d'assistance aux personnes âgées, ce serait plus grave...

J. M. avec agence

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L'octogénaire qui serait morte le lendemain de son passage aux urgences d'un hôpital de Metz "faute de soins", selon ses proches, se serait en fait étranglée avec de la nourriture, a indiqué dimanche le procureur de la République de Metz, citant les conclusions de l'autopsie.
L'octogénaire qui serait morte le lendemain de son passage aux urgences d'un hôpital de Metz "faute de soins", selon ses proches, se serait en fait étranglée avec de la nourriture, a indiqué dimanche le procureur de la République de Metz, citant les conclusions de l'autopsie. — Thierry Zoccolan AFP/Archives

Une résidence pour personnes âgées dépendantes va fermer après des incidents à répétition. L'ordre émane du préfet de Seine-Maritime, après que plusieurs pensionnaires ont été retrouvés blessés aux «Jardins d'Asclepios» de Bertrimont, près de Dieppe, accueillant des personnes âgées atteintes de la maladie d'Alzheimer. Mais c'est le décès d'un pensionnaire qui pourrait être à l'origine de cette décision, selon une association.

>> Retrouvez l'interview du président de l'Association française de protection et d'assistance aux personnes âgées en cliquant ici

«Un homme de 88 ans est décédé le 24 juin 2009 dans un état de dénutrition extrême, atteint d'une infection pulmonaire et portant des escarres sur le corps», a affirmé ce mardi Christophe Fernandez président de l'Association française de protection et d'assistance aux personnes âgées (Afpap). Selon lui, «les liens de cause à effet sont évidents entre ce décès et les dysfonctionnements qui ont conduit le préfet à ordonner la fermeture de l'établissement».

La veille, la Ddass a expliqué qu'à plusieurs reprises, des pensionnaires de cet établissement ont été retrouvés blessés. Refusant d'incriminer le personnel, c'est l'hypothèse de chutes de leur lit ou d'agressions venant d'autres pensionnaires désorientés qui a été évoquée. «Cette succession d'incidents qui dénote un manque de surveillance sont caractéristiques de dysfonctionnements», a déclaré Jean-Luc Brière directeur de la Ddass.

Des problèmes depuis 2005

Ces incidents se sont produits alors que la Ddass avait signé en 2005 avec cette maison qui accueille une quarantaine de personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer une convention pour corriger son fonctionnement. Mais les courriers d'injonction envoyées à la direction «pour qu'elle améliore son management, son organisation, la formation de son personnel et la qualité des repas» sont restées lettres mortes.

Des plaintes provenant tant du personnel que des familles sont parvenues récemment à la Ddass. Le préfet a alors ordonné la fermeture qui interviendra dans les prochains mois, le temps pour l'administrateur provisoire qui a été nommé, de trouver une autre solution d'hébergement pour tous les pensionnaires. Comme dans une affaire de maltraitance dans une maison de retraite à Bayonne, Christophe Fernandez a indiqué que son association et la famille du résident décédé allaient se porter parties civiles dans cette affaire.