Prise d'otage à la prison de Clairvaux: Le détenu s'est rendu et le surveillant libéré

RECIT Le prisonnier, Francis Dorffer, a passé une grande partie de sa vie en prison...

La rédaction de 20minutes.fr

— 









Carte de localisation de la prison de Clairvaux (Aube) suite à la prise en otage d’un surveillant.
Carte de localisation de la prison de Clairvaux (Aube) suite à la prise en otage d’un surveillant. — Idé
Dernière info: Le détenu a été interpellé vers 18h30, le surveillant a été libéré et va bien

Un détenu armé a pris un surveillant en otage au moyen d'une «arme artisanale» de type «arme blanche» ce mardi vers 13h à la centrale de Clairvaux (Aube) après une tentative d'évasion ratée dans les ateliers de la prison. Il a libéré son otage avant de se rendre vers 18h30, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

Le surveillant «va bien» et n'a pas été violenté, selon Emmanuel Gauthrin, son collègue et ami, contacté par 20minutes.fr. «Il va être perturbé un petit moment, il faudra débriefer», estime-t-il, mais pour l'heure «il est avec sa femme et il a hâte de revoir ses filles».
Le détenu, lui, s'appelle Francis Dorffer, condamné pour la première fois à l'âge de 17 ans pour viol, et s'est déjà rendu coupable d'une prise d'otage dans un autre établissement.

>> Francis Dorffer, 25 ans et rien à perdre: retrouver le portrait du preneur d'otage en cliquant ici

Dans l'après-midi, le détenu s'est retranché avec son otage dans sa cellule, au premier étage de la centrale, puis «en bout de coursive», selon des sources syndicales pénitentiaires.
Âgé de 25 ans, il a été condamné à plusieurs reprises pour viol, violences, homicide volontaire et prise d'otage. Il aurait demandé à parler au procureur de la République de Troyes, Alex Perrin, arrivé sur place en début d'après-midi.

Les négociations ont été menées par le GIGN. «Dans ce genre de situation, il s'agit de préserver à tout prix la vie de l'otage, on privilégie donc la négociation», détaille le GIGN à 20minutes.fr. «Intervenir dans une prison n'est pas facile, il s'agit de sécuriser la zone», explique un porte-parole.

Le groupe de négociateurs «s'installe dans le temps, à moins d'une montée en pression». Mais c'est la discussion qui doit primer sur l'action, et «l'assaut n'est donné qu'en dernière extrémité».

«Dans un autre établissement, il a tué un de ses co-détenus»

Dans un premier temps, «le détenu a réclamé des cigarettes, la tension est redescendue», a assuré Emmanuel Gauthrin, surveillant à Clairaux et 1er secrétaire général adjoint du Syndicat national pénitentiaire FO, contacté par 20minutes.fr. Le calme est revenu notamment grâce aux qualités de son collègue et ami intime, «quelqu'un de calme et respectueux».

Le preneur d'otage est libérable en 2032, selon une source proche de l'enquête. Il est «très dangereux et imprévisible», décrit Emmanuel Gauthrin. «Dans un autre établissement, il a tué un de ses co-détenus», ajoute-t-il. Mais en l'occurence, «je sais de source sure que tout se passe bien entre les deux hommes».

>> Archives: 20 Minutes avait rencontré plusieurs détenus à perpétuité de la centrale de Clairvaux. Pour lire le reportage, cliquez ici

Le surveillant n'a pas confirmé, en revanche, l'hypothèse de la tentative d'avséion qui aurait mal tourné. «On ignore le mobile», a-t-il assuré, évoquant la «demande du détenu d'être affecté aux ateliers».

Un détachement de 25 hommes du GIGN est arrivé sur place vers 16h. L'ensemble des unités de gendarmerie de Bar-sur-Aube (Aube) ont également été mobilisées, ainsi que les Eris (Equipes régionales d'intervention et de sécurité de l'administration pénitentiaire) de Dijon.

«Les Eris sont chargées d'apporter leur soutien logistique pendant les négociations», explique Jérôme Caprdevielle, syndicaliste chargé de la communication et de la section nationale de ces équipes. Leur rôle consiste à maintenir le calme dans la prison et d'«empêcher les débordements chez les autres détenus».

Guy Georges et Carlos

Construite loin de tout centre urbain dans les années 60, sur la commune de Bayel à l'est du département de l'Aube, la maison centrale de Clairvaux compte 240 places. Parmi les ex-pensionnaires les plus médiatiques, le «tueur de l'est parisien» Guy Georges et le terroriste Carlos

La prison se situe dans l'abbaye de Clairvaux. En 2006, une mutinerie y avait eu lieu, mobilisant les forces de l'ordre pendant sept heures.

>> Pour en savoir plus sur Clairvaux, la «prison maudite», cliquez ici