Le préjudice de Lydia Gouardo reconnu par la justice

SEINE-ET-MARNE La femme et ses six enfants vont être indemnisés à hauteur de 100.000 euros chacun...

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Lydia Gouardo a été abusée pendant 28 ans par son père.
Lydia Gouardo a été abusée pendant 28 ans par son père. — Charles Platiau/Reuters

La Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infractions (CIVI) a reconnu lundi à Meaux le préjudice subi par Lydia Gouardo. Cette femme a été violée et maltraitée durant 28 ans par son père. Elle a eu six enfants de cette relation incestueuse.
 
La CIVI a accordé à Lydia Gouardo, aujourd'hui âgée de 46 ans, une provision de «100.000 euros» et «ses six enfants vont être indemnisés à somme égale», a expliqué l'avocat Emmanuel Rabier. Le «test ADN», demandé par le parquet lors d'une audience le 12 octobre afin de savoir si les enfants de Lydia sont issus d'une relation avec son père Raymond Gouardo, «n'a pas été retenu», a ajouté l'avocat.
 
«Qu'elle puisse se reconstruire»
 
«Je suis très contente car ils ont enfin reconnu que mes enfants sont de Raymond Gouardo», s'est réjoui Lydia Gouardo. La justice «a fait son œuvre», c'est «la première fois que la justice reconnaît le préjudice de Lydia généré par les actes criminels de Raymond Gouardo», a précisé Emmanuel Rabier.
 
«Les expertises médicales de Lydia vont avoir lieu et nous reviendrons devant la CIVI liquider définitivement le préjudice moral et corporel», a indiqué l'avocat. «Je demande à ce qu'il y ait une intervention des pouvoirs publics et des autorités locales» pour son relogement, afin «qu'elle puisse se reconstruire», a-t-il rappelé.
 
L'ancien domicile de Raymond Gouardo a par ailleurs été perquisitionné, fin août, par les enquêteurs dans le cadre d'une enquête sur la disparition de plusieurs fillettes en 1987 en région parisienne.

L’affaire

Lydia Gouardo a subi de la part de son père des viols, séquestrations et actes de barbarie, de 1971 à 1999, date de la mort de ce dernier. De Raymond Gouardo, qui n'était pas son père biologique mais l'avait reconnue, elle a eu six garçons, nés entre 1982 et 1993, sans que les services sociaux ni la justice ne se portent à son secours.