Les maires attendent Fillon au tournant

REFORME Réunis en congrès à Paris, ils vont protester contre la suppression de la taxe professionnelle...

M. D. avec agence

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François Fillon a annoncé lundi un décret immédiat pour encadrer les rémunérations des dirigeants dans les entreprises aidées par l'Etat, après le scandale du parachute doré attribué à l'ex-PDG de Valeo ou des stocks-options à la Société Générale, finalement non versées.
François Fillon a annoncé lundi un décret immédiat pour encadrer les rémunérations des dirigeants dans les entreprises aidées par l'Etat, après le scandale du parachute doré attribué à l'ex-PDG de Valeo ou des stocks-options à la Société Générale, finalement non versées. — Patrick Kovarik AFP

L'accueil ne va pas être chaleureux. François Fillon, envoyé par Nicolas Sarkozy, ouvrira officiellement le congrès des maires de France ce mardi à Paris. Les élus se réunissent pour débattre de la très controversée réforme territoriale et de la plus encore critiquée suppression de la taxe professionnelle, leur principale ressource fiscale. Le gouvernement va tenter de les convaincre du bien-fondé de ces projets.
 
L'an dernier, François Fillon s'était fait siffler par les maires sur le service minimum d'accueil, que doivent mettre en place les communes en cas de grève des enseignants.
 
Le congrès des maires de 2008



Cette année, le malaise est plus profond. Les maires sont «exaspérés à l'égard d'une campagne de dénigrement» et inquiets de la suppression de la taxe professionnelle, souligne le vice-président de l'Association des Maires de France (AMF), le socialiste André Laignel. Beaucoup pointent une «volonté recentralisatrice», ajoute-t-il.
 
700 élus attendus à l'Elysée

Nicolas Sarkozy a été invité, mais il n'ira pas devant le congrès pour ne pas affronter, selon une source gouvernementale, un mouvement d'humeur des maires. Le président a préféré inviter le 20 novembre, au lendemain de la clôture du Congrès, 700 maires à l'Elysée, toutes étiquettes confondues, pour débattre avec eux des réformes.
 
Une formule qui ne satisfait pas le PS: il a demandé au chef de l'Etat de «venir expliquer» la réforme des territoires devant le congrès. Dans le cas contraire, les membres de ce parti ne participeront pas à la réunion du 20 novembre. En revanche, pour le président de l'AMF, Jacques Pélissard (UMP), «c'est beaucoup mieux parce que cela permettra un échange entre lui et les élus».
 
Les maires pourront aussi affirmer leurs positions. «Nous sommes en position idéale puisque, le 19 novembre, commence la discussion sur la taxe professionnelle au Sénat et que les sénateurs s'inspireront de nos travaux», a ajouté Jacques Pélissard.
 
Des ministres à la rescousse

Parallèlement, de nombreux ministres comme Brice Hortefeux (Intérieur), Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget) ou encore Alain Marleix (Collectivités locales) iront devant ce 92ème congrès des maires se faire les avocats des réformes.