NKM: «Je nous donne six mois pour avancer sur ce sujet complexe»

INTERVIEW Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'Etat chargée de l'Economie numérique analyse le droit à l'oubli sur le Net...

Vincent Vantighem

— 

Nathalie Kosciusko-Morizet.
Nathalie Kosciusko-Morizet. — P. SAUTIER / SIPA

Que faut-il faire pour mettre en place un droit à l'oubli numérique?

Le sujet est difficile. Il faudrait déjà se mettre d'accord sur la notion de donnée personnelle. Même si l'on trouve une solution nationale à ce problème, elle ne sera pas applicable au niveau international. Mais cela ne doit pas nous inciter à ne rien faire.

Concrètement, que proposez-vous?

Il y a eu un colloque la semaine dernière. Il y a un projet de charte et une proposition de loi en cours. Je veux qu'on se mette d'accord sur une position française. Et ensuite qu'on la porte le plus loin possible.

C'est-à-dire...

J'ai réclamé une position européenne sur le sujet. Mais la présidence suédoise de l'Union européenne était réticente. Je crois beaucoup à la présidence espagnole qui commencera en janvier.

La France peut-elle être précurseur sur ce sujet?

Bien sûr. La France représente les droits de l'homme. Le droit à l'oubli fait partie de la société humaine. Il doit s'appliquer sur Internet aussi. Je nous donne six mois pour avancer sur ce sujet complexe.

Attaqueriez-vous en justice un site qui publierait des infos sur vous?

Ce genre de publicité est très agaçant. Mais je poursuis assez peu les gens en justice. En fait, je pense que ça leur fait de la pub. Il faut savoir résister à la tentation d'attaquer en justice tant que ça ne va pas trop loin.