ce n'est un secret pour personne

Vincent Vantighem

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Michèle Alliot-Marie à l'Assemblée.
Michèle Alliot-Marie à l'Assemblée. — P. KOVARIK / AFP

Il est devenu « un peu inutile », a-t-elle lâché dimanche. Michèle Alliot-Marie devrait de nouveau envisager la suppression du secret de l'instruction, aujourd'hui, lors d'un colloque à l'Assemblée nationale. La garde des Sceaux peaufine en effet sa réforme de la procédure pénale, supposant une refonte générale du principe même de l'instruction.

Garant de la présomption d'innocence, le secret de l'instruction interdit pourtant à tous les magistrats de parler publiquement d'une affaire qui n'a pas encore été jugée. C'est une sorte de soupape de sécurité pour les personnes mises en examen. Mais dans les faits, il est régulièrement violé et considéré comme une vaste hypocrisie par les avocats.

Ahmed Adahchour en sait quelque chose. Résidant à la frontière franco-belge, ce jeune homme a été réveillé par les policiers un beau matin de 2006. « Ils pensaient que mon père et moi avions participé aux attentats de Madrid. C'était faux. C'était juste un mec qui porte le même nom, nous a-t-il raconté hier. Sauf que quelqu'un a violé le secret de l'instruction et a prévenu les journalistes. L'arrestation a été filmée par la télé. Mon nom a été sali. Ma famille a été salie... J'ai eu du mal à trouver du boulot à cause de ça. »

Comme la loi l'y autorise encore, Ahmed Adahchour a porté plainte pour « violation du secret de l'instruction ». « Mais depuis trois ans, rien n'a bougé, déplore-t-il. Je vais continuer à me battre. » De son côté, Michèle Alliot-Marie a prévu de dévoiler ses mesures à la fin du mois de janvier 2010. W