Les hôpitaux de bordeaux sont au bord de la saturation

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Ils donnent des nausées à l'hôpital. Les obstétriciens libéraux, en grève en France depuis samedi pour obtenir une meilleure couverture en cas de naissances suivies de handicap, ont poursuivi leur mouvement. Dans l'agglomération bordelaise la situation devient critique.

« D'ici à quelques jours, le système va être totalement saturé », a affirmé hier Yves Vignau, directeur du groupe hospitalier Pellegrin, à Bordeaux. Au cours du week-end, trente-cinq accouchements se sont déroulés au sein de la maternité. Six jeunes mamans venaient des cliniques privées en grève. Soit « une augmentation de l'activité de la salle d'accouchement de 50 % en raison de la conjugaison d'un pic d'activité de l'hôpital et de la grève des libéraux », a estimé le directeur. Hier, il a appelé les autorités à prendre des mesures de réquisitions.

Mais selon Jean-Pierre Laplace, obstétricien gréviste à la polyclinique Bordeaux-Nord et délégué du Syndicat national des gynécologues, le mouvement ne devrait pas s'éterniser. « Dimanche, nous avons obtenu un amendement qui nous permet d'être couverts jusqu'à dix ans après notre départ en retraite, en cas d'action en justice pour un enfant né handicapé. Ils peuvent en effet se retourner contre nous jusqu'à leur majorité. » Reste un seul point à régler : le problème des sommes engagées dans ce type d'affaires. Actuellement, les assurances ne couvrent pas les litiges au-delà de 3 millions d'euros. Or, les familles peuvent réclamer le triple. Jean-Pierre Laplace cite deux cas en cours, l'un à Rochefort, l'autre à Orléans, où des familles réclament 6 et 9 millions d'euros à des obstétriciens. W

à Bordeaux, Marion Guillot