En se rendant, Tony Musulin allège sa future peine de façon «infinitésimale»

JUSTICE Le convoyeur en fuite encourt trois ans de prison et 375.000 euros d'amende au maximum. Sa reddition aux autorités monégasques pèsera très peu dans la balance...

B.D. avec O.R.
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Toni Musulin, le convoyeur qui a reconnu avoir détourné 11,6 millions d'euros, le 5 novembre 2009.
Toni Musulin, le convoyeur qui a reconnu avoir détourné 11,6 millions d'euros, le 5 novembre 2009. — AFP PHOTO POLICE JUDICIAIRE

Se rendre, ce n’était pas très futé. Tony Musulin, le convoyeur de fonds recherché depuis le 5 novembre pour le vol de quelque 11,6 millions d’euros à Lyon s’est rendu à la police monégasque ce lundi midi. Mais cette reddition ne l’aidera pas vraiment à obtenir un allègement de peine lorsqu’il passera devant le juge, selon Emmanuel Pierrat, avocat au barreau de Paris.

Ce dernier explique: «C’était une très mauvaise idée de se rendre à Monaco, déjà parce que le pays ne permet pas d’échapper à l’extradition.» La preuve: les autorités monégasques doivent livrer Tony Musulin cet après-midi à la police française. De plus, si le «repentir actif» - le fait de se rendre à la police - pourrait jouer, en l’allégeant, dans la peine prononcée au final par le tribunal, «ce n’est pas forcément un argument qui va beaucoup porter», reprend Emmanuel Pierrat.

«Il vaudrait mieux qu’il ait eu une enfance difficile»


Pour l’avocat, si le convoyeur de fonds s’était rendu dans les deux heures après le vol, il aurait pu plaider le coup de folie, et aurait été plus crédible. Mais sa reddition onze jours après les faits aura des «conséquences infinitésimales» sur la peine prononcée par le tribunal lors du jugement. Et l’avocat de conclure: «Il vaudrait mieux pour lui qu’il ait eu une enfance difficile», s’il veut attendrir le jury.

Mardi dernier, le procureur de la République de Lyon, Xavier Richaud, avait affirmé à 20minutes.fr que, dans cette affaire, «il n’y a ni vol avec ruse, ni vol avec violence, ni en réunion», et que le convoyeur passerait devant un tribunal correctionnel pour un délit de «vol simple ou pour abus de confiance». Dans le premier cas, il risque trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende, dans le second, le même temps d’emprisonnement, assorti de 375.000 euros d'amende.