Le questionnaire de France Télécom suscite 75 % de réponses

Angeline Benoit et Bérénice Dubuc

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Manifestation des salariés de France Télécom à Caen le 6 octobre 2009
Manifestation des salariés de France Télécom à Caen le 6 octobre 2009 — AFP / MYCHELE DANIAU

De là à crier au succès de son enquête sur le stress à France Télécom, il n'y a qu'un pas. La société de conseil Technologia s’est félicité dimanche que 75 % des employés aient répondu à son questionnaire sur les risques psychosociaux (stress, dépression...) dans l'ancienne entreprise publique. «C'est du jamais vu», a indiqué à l'AFP le directeur, Jean-Claude Delgènes. Dans un communiqué, son cabinet précise que «les cadres et la maîtrise ont nettement plus répondu que les non-cadres», avec un écart de près de 15 %, alors que la clôture de l'enquête aura lieu lundi à 22H00.

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Cette étude, envoyée le 19 octobre aux 102 000 salariés français du groupe, fait partie des actions engagées par France Télécom pour évaluer le lien entre sa gestion du personnel et les 25 suicides qui ont eu lieu en près de deux ans dans ses rangs. Technologia doit analyser les réponses et présenter un rapport début décembre ainsi que des propositions de mesures d'urgence. La société a déjà travaillé pour Renault dans des circonstances similaires.  Une des conséquences a été la réduction de l'amplitude horaire sur un des sites du constructeur automobile, le "Technocentre" de Guyancourt (Yvelines).  Un résultat à relativiser selon certains syndicats. Renault n'a pas remis en question les évaluations professionnelles, soulignait Pierre Nicolas, représentant CGT au Technocentre, le 5 novembre sur 20 minutes.fr, or « l'évolution de carrière vers le bas est une constante chez toutes les personnes qui se sont suicidées chez Renault ».

Chez Pôle emploi aussi, l'organisme issu de la fusion ANPE-Assedic, un questionnaire a été transmis aux quelque 47 000 salariés portant notamment sur leur charge de travail, leur autonomie, la reconnaissance de leur travail, leur temps de travail, les difficultés relationnelles mais aussi leur sentiment face à la fusion, leur santé ou encore les agressions dont ils ont pu être victimes. La direction, qui affirme que 30 % de ses troupes ont déjà répondu, attend les «premiers éléments d'analyse» en décembre, la totalité «courant janvier». Les réponses doivent être traitées par une autre société spécialisée, l’ISAST. Le 20 octobre, une grève nationale a eu lieu à l’appel des syndicats, qui dénoncent «une souffrance au travail massive» et redoutent que le service public de l’emploi ne suive les pas de France Télécom.