Elle se marie avec son compagnon... décédé il y a un an

INSOLITE Une procédure très rare mais prévue par le Code civil...

Avec agence

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Samedi, le maire de Dommary-Baroncourt (Meuse) a uni par les liens du mariage Magali et Jonathan, son compagnon décédé il y a un an dans un accident.

Un mariage à titre posthume après que Magali Jaskiewicz a perdu en novembre 2008 Jonathan Goerge avec lequel elle vivait depuis six ans et dont elle a deux filles, âgées de 3 ans et 18 mois.

Le 25 novembre dernier, ils sont venus en mairie avec leur dossier et ont demandé à être mariés le 24 janvier 2009, explique le maire Christophe Caput, interrogé par l’AFP. Mais le 27 novembre, Jonathan, âgé de 25 ans, a perdu la vie dans un accident de la route.

Magali a alors appris la possibilité de se marier à titre posthume sous certaines conditions. Elle a constitué avec l'appui du maire et le soutien de responsables politiques lorrains un dossier qu'elle a envoyé à Paris. La décision finale qui est du ressort du président de la République est arrivé en septembre.

«Pas vraiment d'humeur à faire la fête»

«Le dossier de Magali était costaud, avec cinq années passées ensemble, leurs deux enfants, les photos de la robe de mariée qu'elle avait déjà achetée et les formalités pour le mariage», explique le maire.

Samedi après-midi, dans le bourg de 850 habitants, le maire ceint de son écharpe a posé la question rituelle à Magali qui avait revêtu la robe de mariée achetée il y a un an. A coté de l'épouse, un grand portrait de Jonathan avait été posé sur un chevalet.

«Je ne suis pas vraiment d'humeur à faire la fête, on va boire une tasse de café et je vais remercier ce qui m'ont soutenu, je n'ai d'ailleurs rien entendu de négatif durant tous ces mois», a-t-elle confié avant de se rendre sur la tombe de son défunt mari.

Trois cas en cinquante ans

Magali qui «ressort veuve de la mairie», souligne le maire très ému, porte désormais le nom de George comme c'était déjà le cas pour ses deux filles. Elle porte son alliance au doigt et a décidé d'accrocher celle de son mari à son collier.

Le mariage à titre posthume est une procédure assez rare, selon le maire de Dommary-Baroncourt qui en a recensé «trois en cinquante ans» dans son département. Il y aurait toutefois quelques dizaines de cas chaque année en France. Régit par l'article 171 du Code civil, il n'est possible que si la personne décédée avait entrepris auparavant des démarches officielles pour convoler.