Grève des accouchements dans plusieurs maternités privées

SANTE Les gynécologues libéraux exigent que la loi les couvre au-delà de dix ans en cas d'accident médical...

C. F. avec agence

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Le groupe PS à l'Assemblée a indiqué mardi qu'il proposait de rallonger de 16 à 20 semaines le congé maternité, en réponse à Nicolas Sarkozy qui a souhaité engager une réflexion sur un congé parental plus court.
Le groupe PS à l'Assemblée a indiqué mardi qu'il proposait de rallonger de 16 à 20 semaines le congé maternité, en réponse à Nicolas Sarkozy qui a souhaité engager une réflexion sur un congé parental plus court. — Henning Kaiser AFP/DDP/Archives

Les accouchements ont cessé ce samedi dans les maternités privées de huit villes de France en raison d'une grève des gynécologues libéraux. Motif? Ils exigent que la loi les couvre au-delà de dix ans en cas d'accident médical.

«Les compagnies d'assurance ne sont pas en mesure d'assurer tous nos actes et veulent limiter la couverture (en cas d'accident) à 10 ans après l'arrêt de notre activité», alors que des plaintes peuvent être «déposées jusqu'à 28 ans après un accouchement», a expliqué Marie Mas Calvet, gynécologue.

Médecins réquisitionnés

La grève a commencé à 8h et a touché Bordeaux, Toulouse, Nantes, Reims, Clermont-Ferrand, Avignon, Albi et Montauban, selon le syndicat national des gynécologues-obstétriciens libéraux (Syngof) qui a lancé le mouvement.

Le ministère de la Santé a demandé aux préfets de réquisitionner les médecins et assurait en fin d'après-midi que seulement sept cliniques étaient touchées, dont celle du Vert-Galant, à Tremblay en France (Seine Saint-Denis).

«La priorité est la sécurité des mamans. Les préfets ont reçu des instructions», pour les orienter vers les hopitaux publics et «réquisitionner les médecins», a indiqué à l'AFP une porte-parole.

Les patientes transférées au CHU

Le mouvement «n'est pas très suivi, il n'y a pas de problème sanitaire à gérer», a estimé Lamine Gharbi, président de la fédération de l'hospitalisation privée FHP-MCO, rassemblant les 720 cliniques privées de l'hexagone qui réalisent 30% des accouchements en France.

Près de Nantes, la grève a perturbé l'une des premières maternités de France, la polyclinique de l'Atlantique (5.000 accouchements par an). Selon le directeur Pierre-Olivier Costa, «les gynécologues sont présents mais n'assurent plus les accouchements», transférés au CHU (3.800 naissances/an), la clinique Brétéché de Nantes (1.500 naissances/an) étant aussi touchée.