L'hôpital d'Orange condamné pour acharnement thérapeutique sur un nouveau-né

JUSTICE Les médecins l'ont réanimé, il garde de graves séquelles...

J. M. avec agence

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Une femme médecin, exerçant dans un prestigieux hôpital pour enfants de Stockholm, soupçonnée d'avoir euthanasié un nourrisson, a été placée en détention provisoire vendredi, un fait rarissime dans le pays qui a suscité l'inquiétude au sein de la profession.
Une femme médecin, exerçant dans un prestigieux hôpital pour enfants de Stockholm, soupçonnée d'avoir euthanasié un nourrisson, a été placée en détention provisoire vendredi, un fait rarissime dans le pays qui a suscité l'inquiétude au sein de la profession. — Didier Pallages AFP/Archives

Un hôpital condamné pour avoir réanimé un enfant. La décision de justice a été prononcée à l'encontre de l'hôpital d'Orange (Vaucluse) auquel il est reproché de s'être livré à de l'acharnement thérapeutique sur un bébé né en état de mort apparente, sauvé mais ayant développé de lourds handicaps en grandissant. Il s'agit d'une première en France, selon l'avocat des parents.

Une maladie génétique rare

«Les faits se sont passés en 2002, avant la loi Léonetti (sur le droit des patients en fin de vie, ndlr). Depuis 2005 et cette loi qui interdit l'acharnement thérapeutique, je n'ai jamais vu une affaire comme celle-là», a déclaré à l'AFP Jean-Luc Romero, président de l'association pour le droit à mourir dans la dignité.

Le jugement précise cependant que la part de la faute commise par l'hôpital dans les handicaps développés par l'enfant, qui serait atteint par ailleurs d'une maladie génétique rare, est cependant encore soumise à expertise. Celle-ci est en cours, et déterminera le montant des réparations financières que l'hôpital devra verser. Les parents réclament un minimum de 500.000 euros.

La mort annoncée aux parents

L'accouchement, le 14 décembre 2002, avait rapidement révélé une décélération du rythme cardiaque du foetus et l'enfant est né en état de mort apparente. Après 25 minutes de réanimation, le gynécologue avait annoncé le décès aux parents, tandis que ses collègues poursuivaient la réanimation et faisaient réapparaître finalement une activité cardiaque. Le cerveau du bébé n'a pas été irrigué pendant une demi-heure et il n'y a pas eu d'oxygénation pendant la réanimation.

De lourds handicaps physiques et mentaux sont apparus par la suite. «En pratiquant ainsi sans prendre en compte les conséquences néfastes hautement prévisibles pour l'enfant, les médecins ont montré une obstination déraisonnable (...) constitutive d'une faute médicale de nature à engager la responsabilité du centre hospitalier d'Orange», précise le jugement.

>> Et vous qu'en pensez-vous? Condamner un médecin qui sauve une vie vous choque, ou pensez-vous qu'il faut combattre l'acharnement thérapeutique?

Handicap

L'enfant présente les symptômes d'une forme sévère d'infirmité motrice cérébrale avec paralysie des quatres membres, troubles de déglutition et épilepsie, ainsi que des déformations évoquant une pathologie rare, pouvant correspondre à un syndrome de Dubowitz.