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Maud Noyon et Faustine Vincent

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Deux jours après les cérémonies pour la chute du Mur de Berlin,

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel étaient de nouveau ensemble hier, cette fois pour se recueillir sur la tombe du soldat inconnu à Paris. Ce 11 novembre, jour anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale, se voulait historique. Pour la première fois, un chancelier allemand est venu en France rendre hommage aux victimes de la Grande Guerre. La photo-souvenir aura sûrement moins de poids dans l'Histoire face à celle de la main tendue par François Mitterrand au chancelier de l'époque, Helmut Kohl, en 1984. Mais elle est symbolique, car elle permet, une nouvelle fois, d'afficher « l'amitié » franco-allemande, qualifiée de « trésor » du côté français et de « cadeau » pour l'Allemagne. Alors, simples retrouvailles ou lune de miel ?

Après des débuts difficiles entre Sarkozy et Merkel, « la France veut redonner la priorité au couple franco-allemand car elle a du mal avec les Britanniques, analyse Anne-Marie Le Gloannec, chercheuse au Ceri. Elle a compris que si on veut faire quelque chose en Europe, il faut travailler avec l'Allemagne ». Sarkozy, ravi que Merkel le rejoigne à Paris pour la cérémonie d'hier, a ainsi souhaité « une association de plus en plus étroite ». La Chancelière a réagi à l'unisson, rappelant qu'« ensemble, nous avons toutes les chances de relever les défis d'aujourd'hui et de demain ».

« Il y a un regain du couple franco-allemand depuis quelques mois », confirme Olivier Giraud, chercheur au centre Marc Bloch, à Berlin. Sarkozy a compris que l'alliance avec l'Allemagne est un peu une stratégie obligée. Les deux pays doivent être unis pour faire avancer l'Europe, et ils sont un facteur de stabilité » face à la cacophonie des Vingt-Sept.

Anne-Marie Le Gloannec n'est en revanche pas convaincue que Berlin souhaite autant ce rapprochement que Paris. « L'Allemagne, poids lourd économique de l'Europe, est davantage tournée vers la Russie, la Chine et les Etats-Unis ».

Merkel, à la recherche d'un nouveau souffle depuis sa réélection, fait toutefois bonne figure auprès du président français. Tous deux devraient renforcer leurs liens par des propositions communes, préparées conjointement par l'Elysée et la chancellerie et présentées en janvier. Reste à faire front commun sur les propositions européennes, où les dissensions, sur la Turquie notamment, persistent. W