Marie NDiaye persiste et signe

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Marie NDiaye, en octobre sur France 5.
Marie NDiaye, en octobre sur France 5. — BALTEL / SIPA

Finalement, elle assume. Couronnée par le prix Goncourt* la semaine dernière, Marie NDiaye avait tenu à tempérer des paroles prononcées cet été. Dans une interview aux Inrockuptibles, elle avait alors qualifié la France de « monstrueuse ». « Je trouve détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité », avait-elle déclaré pour expliquer son déménagement en Allemagne.

Dans un communiqué publié lundi, Eric Raoult, député UMP, a jugé ses propos « insultants » de la part d'un écrivain devenu prix Goncourt. Après trois jours de polémique, Marie NDiaye a finalement décidé de tout assumer. « Le contexte a changé avec la publication de ce texte grotesque et hallucinant d'Eric Raoult, a expliqué, hier, la romancière au Nouvel Observateur. Il n'est plus nécessaire d'affiner mes propos. »

D'autant que les lauréats du prix Goncourt ne sont soumis à aucun devoir de réserve. Et les membres de l'Académie se sont succédé, ces derniers jours, pour le rappeler. « C'est déjà difficile de décerner le Goncourt, a ainsi réagi Bernard Pivot. Si, en plus, il fallait se déterminer sur les propos que l'auteur a tenus des mois avant... » A toutes fins utiles, Marie NDiaye a demandé à Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture, de clore cette affaire. « Eric Raoult a posé une question écrite. Le ministre répondra donc par écrit », a fait savoir son cabinet. W

Vincent Vantighem

* Trois femmes puissantes (Gallimard, 19 euros).