Bernard Kouchner s'affirme contre le retour forcé d'Afghans

POLEMIQUE Il marque son opposition à Eric Besson...

Avec agence

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  — HO NEW / REUTERS
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a affirmé mardi son opposition à l'organisation de retours forcés d'Afghans en situation irrégulière, dans leur pays, comme décidé récemment par son collègue de l'Immigration, Eric Besson.
«Je pense que ce n'est pas comme cela qu'il faut faire. Surtout quand on se bat là-bas. Je pense que ce n'est pas utile, je l'ai dit à Eric Besson (...), au Président» Nicolas Sarkozy, a-t-il déclaré à la radio France Inter.

«Pas là pour polémiquer»

«Je ne suis pas là pour polémiquer avec Bernard Kouchner et mes collègues du gouvernement», a répondu le ministre de l'Immigration Eric Besson, interrogé à la sortie du Conseil des ministres.
 
«Je rappellerai tout simplement d'abord que Bernard Kouchner était présent à New York dans la même pièce que le président de la République lorsque lui a annoncé des retours forcés. J'imagine que s'il avait un désaccord majeur, il a eu l'occasion de s'en expliquer avec le Président», a ajouté Eric Besson.

«Main dans la main avec les ministres européens»
«La deuxième chose, son directeur a été directement associé à toutes les réunions interministérielles que nous avons eu sur le sujet. Je n'ai pas grand chose à dire de plus», a-t-il poursuivi. «Je travaille main dans la main avec les ministres européens chargés de ces questions et, par ailleurs, si j'ai des directives à prendre, je les prends auprès du président de la République et du Premier ministre, ce qu'en la circonstance j'ai fait», a conclu Eric Besson.
 
Bernard Kouchner, ancien homme de gauche, a aussi souligné la nécessité de protéger en Afghanistan les Afghans contraints au retour, relevant qu'Eric Besson y avait pensé (notamment en proposant de payer une chambre d'hôtel aux Afghans reconduits à leur arrivée à Kaboul, ndlr) et que des ONG s'occupaient de cette question.

Fin octobre, le renvoi de trois clandestins afghans décidé par Eric Besson avait déclenché en France une polémique entre l'opposition de gauche et ce ministre, ex-responsable socialiste, qui avait alors pu compter sur le soutien du parti présidentiel.