Adoption par un couple homosexuel: la décision ne change pas la loi mais rouvre le débat

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O.R. avec agence

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Un avant-projet de loi sur les droits des beaux-parents reconnaît pour la première fois la famille homoparentale, et suscite une vive polémique au sein de la majorité, Christine Boutin s'élevant contre "une façon détournée" de reconnaître l'homoparentalité.
Un avant-projet de loi sur les droits des beaux-parents reconnaît pour la première fois la famille homoparentale, et suscite une vive polémique au sein de la majorité, Christine Boutin s'élevant contre "une façon détournée" de reconnaître l'homoparentalité. — Jose Luis Roca AFP/Archives

Alors que le tribunal administratif de Besançon a décidé d’accorder à une institutrice homosexuelle le droit d’adopter un enfant, la polémique autour de l’adoption par les couples homosexuels resurgit.
 
Le ministre de l'Education Luc Chatel en a profité pour répéter que le gouvernement n'était «pas favorable» à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels. «Je veux d'abord vous rappeler que le gouvernement a eu l'occasion de dire à plusieurs reprises -le président de la République lui-même s'est exprimé sur le sujet- que nous n'étions pas favorables à l'adoption d'enfants par les couples homosexuels».
 
La secrétaire d'Etat chargée de la Famille, Nadine Morano, a quant à elle déclaré qu'elle ne voulait pas changer la loi interdisant l'adoption aux couples homosexuels, tout en souhaitant un «débat» pour «sortir de l'hypocrisie», rappelant que 30.000 enfants vivent dans une famille homoparentale, d'après l'Ined (au long).
 
«Changer la loi»
 

Celle qui était favorable à l'adoption simple au sein des couples homoparentaux, pour le «parent social» (qui n'a pas de lien biologique avec l'enfant), a reconnu qu’il y avait des divergences d’opinion au sein de la majorité.
 
L’opposition, elle, se saisit de l’affaire. Le député PS, Patrick Bloche, a demandé de «changer la loi» pour autoriser l'adoption par les couples homosexuels, estimant que «la société est prête à accepter que des couples homosexuels adoptent des enfants».
 
Le PCF «espère que cette décision fera jurisprudence en France et dans tous les pays de l'Union européenne». «L’adoption par des célibataires est autorisée en France, et il n’est fait nulle part mention de l’orientation sexuelle de l’adoptant dans les textes réglementaires. Le rejet par l’administration française des demandes répétées de cette femme, institutrice, n’était donc motivé que par des préjugés homophobes», estime le Parti communiste, dans un communiqué.