Un verre à moitié plein (ou vide) pour trinquer

POLITIQUE L'UMP et le PS ont dressé, chacun à leur manière, le bilan présidentiel à mi-mandat...

Vincent Vantighem

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Nicolas Sarkozy ne voulait pas le faire. Ses proches s'en sont chargés pour lui. Les dirigeants de l'UMP, accompagnés de six ministres, ont érigé, hier matin, le bilan présidentiel de mi-mandat en satisfecit général. «La France n'a jamais été aussi réformée en si peu de temps», a ainsi justifié Xavier Bertrand, secrétaire général du parti, en guise d'introduction.


D'«objectivité» en «objectivité»


Cela valait bien une réunion extraordinaire du parti et son lot de petites phrases bien travaillées. Avec son «Nous avons assisté à la chute du mur de l'immobilisme», Frédéric Lefebvre, porte-parole du parti, a remporté la palme et provoqué quelques rires dans l'assemblée de journalistes.

Il n'empêche, l'UMP a fait les comptes. Et après quatre-vingt-dix réformes, le bilan est, «en toute objectivité», assez flatteur. Evidemment, Benoît Hamon a aussi regardé passer le train des réformes en « toute objectivité ». Et il ne partage pas le même sentiment. «C'est le bilan le plus catastrophique de la Ve République», a assuré le porte-parole du PS en réponse dans l'après-midi.

Secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi, Laurent Wauquiez a, lui, toujours préféré les beaux dessins aux grands discours. «On a limité la hausse du chômage», a-t-il assuré, un beau graphique jaune et rouge à la main. «Mais il y a 600.000 chômeurs de plus depuis 2007, a critiqué Benoît Hamon. Et encore, permettez-moi de douter des chiffres...»

«Continuer à travailler»

Le domaine de la sécurité n'a pas échappé à l'ambivalence. Benoît Hamon assure que la délinquance a augmenté. Brice Hortefeux prétend le contraire. «De toute façon, ce n'est pas encore le temps du bilan. Mais le temps de l'élan, a martelé le ministre de l'Intérieur. Nous allons continuer à travailler.» Ça tombe bien, le PS a choisi de «continuer à s'opposer». Ils ont encore deux ans et demi pour être en désaccord.