Grippe A: Une vaccination à multiples inconnues

SANTÉ lors que les 1.080 centres ouvrent jeudi, de nombreuses incertitudes demeurent sur le vaccin...

Charlotte Mannevy

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Pour le moment, le principe d'une vaccination en deux temps est maintenu.
Pour le moment, le principe d'une vaccination en deux temps est maintenu. — S. ORTOLA / 20 MINUTES

Le gouvernement craint un rendez-vous manqué avec les Français. Alors que les centres de vaccination doivent ouvrir leurs portes dans deux jours, seuls 10% des personnels de santé - qui ont la possibilité de se faire vacciner depuis le 20 octobre - ont franchi le pas. Un chiffre jugé hier matin «encourageant» par la ministre Roselyne Bachelot, mais bien «faible» par le directeur général de la Santé, Didier Houssin.


Six millions d'invitations envoyées


Combien seront-ils à se présenter, jeudi matin, à la porte d'un des 1.080 gymnases ou salles municipales réquisitionnés dans toute la France pour immuniser la population? C'est la grande inconnue. La Caisse nationale d'assurance-maladie a fait ses comptes: d'ici au 25 novembre, 6 millions de Français prioritaires (lire ci-contre) recevront une invitation. Et des «millions» de bons de vaccination ont déjà été envoyés, selon Roselyne Bachelot.

Mais à en croire un récent sondage de l'institut CSA pour l'hebdomadaire Marianne, seuls 21% des Français sont prêts à se faire vacciner. Alors, dans les préfectures, on s'organise comme on peut. A Evry (Essonne), le gymnase de la rue Bonaparte est prêt à accueillir le public: salles d'attente matérialisées par des barrières bleues, deux tentes où se dérouleront les consultations médicales et deux autres destinées à la vaccination. «Le parcours a été balisé, explique Emmanuelle Burgei, directrice adjointe de la Ddass. Les personnes passent d'abord par l'accueil, où l'on vérifie leur identité et où on leur distribue un questionnaire. Ensuite, le médecin les reçoit pour déterminer s'il y a des contre-indications et le vaccin qui doit être administré.»

«Ça change tous les jours»

Dans un premier temps, le centre sera ouvert trois demi-journées par semaine et fonctionnera avec une dizaine de personnes, avant «une montée en puissance», si nécessaire. Mais pour l'instant, tout est virtuel. «On pense, à terme, pouvoir vacciner jusqu'à 400 personnes par jour». Les vaccins ne sont pas encore arrivés. Ils seront livrés au fur à et mesure, peut-être tous les jours, peut-être une fois par semaine: «D'ici à jeudi, on devrait recevoir deux boîtes pour Evry. Mais on ne sait pas combien de doses contient chaque boîte», reconnaît Emmanuelle Burgei.

Incertitudes aussi du côté de la préfecture. «On ne connaît pas notre marge de manoeuvre, explique le préfet de l'Essonne, Jacques Reiller. On a appris dimanche que nous devrons vacciner les enfants des écoles primaires. Ce qui n'était pas du tout prévu. Ça change tous les jours!» Difficile de s'organiser dans ces conditions, d'autant qu'il va falloir tenir quatre mois.