Un « couple diabolique » jugé aux assises pour le rapt d'Aurélia

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Les Guillouche, hier (croquis d'audience).
Les Guillouche, hier (croquis d'audience). — B. PEYRUCQ / AFP

Aux journalistes qui l'interrogeaient à la volée, Dominique Guillouche a dit hier « regretter ». « Tellement que je souhaiterais la peine de mort », a-t-il ajouté, menottes aux poignets, avant de s'engouffrer dans le palais de justice d'Angers (Maine-et-Loire). Durant six semaines, l'homme de 40 ans va y être jugé aux assises avec son ex-femme, Alfréda Deneux, pour avoir enlevé puis violé Aurélia, 6 ans, en novembre 2005.

Le rapt de la fillette, relâchée trente heures plus tard dans les rues de Cholet, avait donné lieu, à l'époque, à la première Alerte enlèvement de France, avant même que le dispositif ne soit créé officiellement. « En rappelant l'alerte dans tous leurs flashs info, radios et télés ont mis une pression considérable sur le couple, estime Louis-Georges Barret, avocat d'Aurélia et de sa famille. Sortir de chez eux revenait à prendre un risque. »

Depuis, l'enquête a démontré que le couple - divorcé depuis l'an dernier - n'en était pas à son coup d'essai. Une demi-douzaine d'enlèvements ratés entre Nantes et Angers leur sont également reprochés, ainsi que des attouchements sur dix-huit fillettes de leur entourage. « On va probablement assister à une partie de ping-pong entre les deux pour se faire porter mutuellement la responsabilité de leurs actes, redoute l'avocat. Il s'agit pourtant d'un couple diabolique, qui a agi de pair. »

« Mon client reconnaît être pédophile, indique Elisabeth Gohier, avocate de Dominique Guillouche. Il assume ses actes, mais il ne veut pas tout endosser. Selon lui, c'est sa femme qui lui demandait d'aller chercher des petites filles pour assouvir ses propres pulsions sexuelles. » W

A Nantes, Guillaume Frouin