« Le coeur des villes sera entièrement piéton »

INTERVIEW Roland Ries, le maire de Strasbourg fait le point sur les récentes évolutions en matière de déplacements urbains...

Recueilli par Mickaël Bosredon

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G. VARELA / 20 MINUTES

La crise a-t-elle eu un impact sur les transports en commun urbains?

Oui, beaucoup de villes connaissent actuellement des difficultés pour étendre leurs lignes de tramway, commencées il y a quinze à vingt ans. Mais le transport collectif urbain sera de toute façon toujours déficitaire, à moins de supprimer toutes les lignes non rentables ainsi que le service après 20h et le week-end, ce qui est bien sûr inimaginable. C'est pourquoi les collectivités en appellent aux pouvoirs publics.

Que pensez-vous des projets du Grand Paris, pour lesquels l'Etat s'est engagé?

Les projets du Grand Paris sont pharaoniques. Le meilleur moyen de réduire la place de l'auto est de ponctionner de la voirie, donc de faire du transport de surface en site propre. C'est pourquoi le projet de métro de banlieue entièrement souterrain n'est pas forcément une bonne idée.

Les grandes métropoles françaises seront-elles vidées de leurs autos d'ici à quinze à vingt ans ?

Le coeur historique des grandes villes sera entièrement piéton. L'époque à laquelle la voiture était libre d'aller n'importe où est révolue. L'auto doit rester à sa place, en deuxième couronne, où il faut construire des parkings «de dissuasion» le long des lignes de train.

Vous êtes donc satisfait que le Sénat ait autorisé les collectivités à tester le péage urbain, le 29 septembre dernier 

Je crois au péage urbain, mais le texte du Sénat stipule que la collectivité doit demander l'accord de l'Etat pour le mettre en place, ce qui est inacceptable. Il y a de toute façon une phobie du «cordon» en France, ce sera donc très difficile d'appliquer le péage, où que ce soit.

Le Sénat a refusé que les collectivités récupèrent le produit des amendes de stationnement. Déçu?

Oui, car au Gart, nous estimons que les amendes à 11 euros ne sont pas dissuasives. Nous voudrions que les collectivités en aient la maîtrise pour que leur montant atteigne au moins le prix du stationnement à la journée.