Un gourou mis en examen pour avoir séquestré une grande famille pendant près de dix ans

ENQUETE Les membres de la famille ne sont pas encore tous libérés...

Avec agence

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Un quadragénaire, soupçonné d'avoir exercé son emprise pendant près de dix ans sur onze membres d'une famille aristocratique du Lot-et-Garonne implantée dans la vie bordelaise, a été mis en examen fin octobre à Bordeaux et incarcéré, selon des sources judiciaires.

Une enquête était diligentée depuis plusieurs années sur la famille de Védrines qui a vécu retranchée à partir de 2001 dans son château de Monflanquin (Lot-et-Garonne) puis à Oxford en Angleterre, sous le contrôle d'un supposé homme d'affaires, Thierry Tilly. Le gourou présumé a été interpellé en Suisse à la suite d'un mandat d'arrêt européen pris à son encontre et mis en examen le 29 octobre à Bordeaux et incarcéré à la maison d'arrêt de Gradignan (Gironde), d’après le parquet.

Passible de 20 ans de réclusion criminelle

Il est poursuivi pour escroqueries, abus de faiblesse, extorsion de fonds, séquestration avec actes de torture et barbarie, a indiqué à l'AFP Me Daniel Picotin, avocat de deux membres de la famille et président d'Info-sectes en Aquitaine. S'il est renvoyé en justice, il est passible de 20 ans de réclusion criminelle. Huit membres de la famille n'ont toujours pas reparu, selon l'avocat. La justice reproche à Thierry Tilly d'avoir extorqué à la famille de Védrines une grande partie de son riche patrimoine.

L’affaire touche trois générations

Christine de Védrines, qui a réussi à échapper au gourou en mars dernier et a porté plainte, s'est vue dépouiller de trois millions d'euros. «Tout y passé, les bijoux, l'argenterie, les meubles vendus chez Christie's, il ne reste plus rien», a déclaré son avocat, Me Picotin.

Cette affaire est «exemplaire», selon lui, car elle touche trois générations, de 16 à 85 ans, d'une famille d'aristocrates bien installés (un cadre dans le pétrole, un gynécologue, candidat aux municipales sur la liste d'Alain Juppé) qui se retrouve «complètement ruinée».

«On a assisté impuissant au dépouillement de ces gens», a-t-il ajouté, soulignant qu'«un trou dans la loi» en France a empêché des poursuites pour «manipulation mentale». «Mon souci est que cela ne recommence pas», a-t-il dit.