Bruno Le Maire recadre Dominique de Villepin

POLITIQUE Le ministre de l'Agriculture prône «l'intérêt et l'union de la majorité»...

Avec agence

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Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse au ministère de l'Agriculture, mardi 4 août.
Bruno Le Maire lors d'une conférence de presse au ministère de l'Agriculture, mardi 4 août. — Benoit Tessier / Reuters

Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, interrogé dimanche par Europe 1 sur Dominique de Villepin dont il fut le directeur de cabinet à Matignon, a jugé bienvenu le débat d'idées, mais en posant comme limite «l'intérêt et l'union de la majorité».

Il a exprimé son «admiration» et son «amitié personnelle» pour l'ancien chef de gouvernement. «Nous avons besoin, dans notre majorité, d'avoir des débats, de faire de la place à tous ceux qui peuvent apporter quelque chose à ce débat», a observé le ministre. «Un ancien Premier ministre a une légitimité naturelle à apporter sa voix». «Il est nécessaire, surtout quand on exerce le pouvoir», que «la majorité écoute toutes les voix parfois dissonantes qui peuvent se faire entendre», a-t-il insisté.

«On est membre de la majorité ou on ne l’est pas»

Mais il y a «une limite à ce débat: l'intérêt, l'unité de la majorité. Tout ce qui peut affaiblir l'unité de la majorité me paraît aller dans le mauvais sens, tout ce qui peut enrichir le débat, dans le bon sens», a nuancé Bruno Le Maire. «Il n'y a pas d'alternative à la majorité actuelle. On est membre d'une majorité ou on ne l'est pas», a-t-il tranché. Pour lui, le point de vue de Dominique de Villepin est particulièrement utile «sur la question de la dette et des déficits publics».

Contrôle judiciaire

Bruno Le Maire a indiqué qu'il ne pouvait toujours pas voir Dominique de Villepin, en raison du contrôle judiciaire qui interdit depuis deux ans à l'ancien Premier ministre de rencontrer une série de personnes, dans le cadre de l'affaire Clearstream. Ce contrôle judiciaire ne sera levé qu'au moment du jugement, sans doute fin janvier.

Dix-huit mois de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende ont été requis dans ce dossier contre l'ancien premier ministre, qui, avec son Club Villepin, s'est relancé dans l'arène politique sans attendre le jugement.