Coup dur pour Areva et EDF

Charlotte Mannevy

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La construction du réacteur EPR à Flamanville (Manche).
La construction du réacteur EPR à Flamanville (Manche). — SICHOV / SIPA

Il y a de l'électricité dans l'air. Alors que lundi, les autorités de sûreté nucléaire française (ASN), britannique et finlandaise ont émis de sérieuses réserves sur le système de « contrôle-commande » de l'EPR, Areva - concepteur du réacteur de 3e génération - et EDF - qui construit un EPR à Flamanville (Manche) - tentaient de faire bonne figure, hier.

« La sûreté du réacteur n'est pas mise en cause », a fait savoir Areva dans un communiqué. Certes, ce n'est pas le réacteur lui-même qui est pointé du doigt, mais le « contrôle-commande » de l'EPR. Ce qui inquiète les autorités, c'est que les systèmes d'alerte en cas d'incident ne sont pas indépendants des systèmes de contrôle en fonctionnement normal. En cas de panne, aucun filet de sécurité ne permettrait de savoir si l'EPR fonctionne normalement. C'est donc bien la sûreté qui est mise en cause. A l'ASN, on explique d'ailleurs qu'en l'état actuel du système, « une autorisation de mise en service [du réacteur] ne serait pas délivrée ». Un coup dur pour Areva. L'entreprise, qui a enregistré dix-huit précommandes pour son réacteur, est déjà fragilisée par les difficultés de son « navire amiral » : l'EPR en construction en Finlande, dont le chantier accuse trois ans de retard et lui a déjà coûté 2,3 milliards d'euros supplémentaires.

Du côté d'EDF, à qui les autorités demandent d'apporter des solutions d'ici à la fin de l'année, on affirme que cette exigence « n'aura pas d'impact sur le planning de réalisation du projet » de Flamanville. Une déclaration contredite hier par un responsable gouvernemental interrogé par l'AFP, qui a évoqué « une perte de temps de deux à trois ans ». W