Pour Rocard, l'identité nationale est un débat «imbécile»

SOCIETE L'ex-Premier ministre socialiste, qui co-préside la commission sur le grand emprunt, ne mâche pas ses mots...

C. F.

— 

L'ancien Premier ministre Michel Rocard se prononce dans une interview devant être publiée mardi par La Provence pour la désignation à la tête du PS d'un "premier secrétaire intérimaire" qui ne sera pas candidat à la présidentielle en 2012.
L'ancien Premier ministre Michel Rocard se prononce dans une interview devant être publiée mardi par La Provence pour la désignation à la tête du PS d'un "premier secrétaire intérimaire" qui ne sera pas candidat à la présidentielle en 2012. — Pierre Andrieu AFP/Archives

Alors que le débat sur l'identité nationale a été officiellement lancé ce lundi, une nouvelle voix vient s'ajouter au concert de critiques qu'il suscite. Il s'agit de celle de Michel Rocard, qui co-préside la commission sur le grand emprunt avec Alain Juppé. Comme ce dernier, qui avait mis en doute sur son blog la pertinence d'un tel débat, l'ex-Premier ministre socialiste affirme que «cela ne [lui] inspire pas grand-chose de bon», dans une interview à Nouvelobs.com.

«L'idée que tout cela fasse doute et qu'il faille en rediscuter me stupéfie. (...). Je trouve ça complètement imbécile», lâche-t-il. Selon lui, «la France est la seule identité nationale au monde qui soit en définition évolutive et constamment en train d'agglomérer de nouvelles sensibilités et de nouvelles représentations linguistiques ou de couleurs de peau».

Et Michel Rocard d'ajouter: «Ma crainte, c'est qu'on mette des frontières là où il n'en faut pas. C'est que parler de l'identité nationale nous convainque qu'il y a une substance de plus, quelque chose de qualitativement différent, entre ceux qui sont Français et ceux qui ne le seraient pas mais habiteraient quand même notre territoire. C'est ça le risque.»