Un «plan cancer II» surtout axé sur la prévention

SANTE Les contours des mesures annoncées par Nicolas Sarkozy restent assez flous...

Bérénice Dubuc

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Le président de la République, Nicolas Sarkozy, présente son "plan cancer II" à Marseille, le 2 novembre 2009.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, présente son "plan cancer II" à Marseille, le 2 novembre 2009. — GUILLAUME HORCAJUELO/EPA/SIPA

Nicolas Sarkozy s’est dit ce lundi «déterminé à mettre les moyens» pour lutter contre le cancer, une maladie qui «peut tomber sur chacun, moi y compris». Le Président a ainsi annoncé qu’il allait débloquer une enveloppe de 750 millions d'euros pour le «plan cancer II» (2009-2013). Ce dernier a trois objectifs, la prévention, les soins, et la vie après le cancer, mais les moyens pour y parvenir n’ont, en majorité, pas été précisés.

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La prévention
C’est l'axe majeur de ce plan, entre observation pour prévenir les facteurs de risques, réduction des inégalités face à la maladie et mesures pour lutter contre le tabagisme et l’alcoolisme.

Principale mesure, 15% du budget «recherche» de ce plan seront consacrés à l'étude des «risques comportementaux et environnementaux». Selon le chef de l'Etat, il faut «étudier davantage les effets à long terme des expositions, même à faible dose, à certains agents chimique, biologique ou physique».

Prenant l’exemple de l’obésité comme facteur aggravant de risque de développer un cancer, le chef de l’Etat a indiqué que le gouvernement devait continuer la prévention en la matière, mais aussi favoriser l’accès à l'activité physique, moyen de prévenir l’apparition de la maladie. Et le chef de l'Etat de spécifier que «l'activité physique ne doit pas être réservée aux plus riches».

Car la réduction des inégalités est une «priorité transversale» de toutes les phases du plan. Nicolas Sarkozy s'est ému qu’il y ait «deux fois plus de risques pour les ouvriers entre 30 et 65 ans d'attraper le cancer» que pour les catégories sociaux professionnelles supérieures. Il a annoncé «d'ici à la fin de l'année» la «mise en place d'un plan d'action qui nous permettra d'infléchir les inégalités face au cancer», sans en préciser les termes.

Côté annonces sur le tabac - très attendues puisque ce dernier est considéré comme la première cause de décès par cancer -, le Président a rappelé l’augmentation de 6% du prix du paquet de cigarettes à compter du 9 novembre prochain. Cependant, Nicolas Sarkozy n’a fait que mentionner en passant la diffusion sur les paquets de cigarettes d'images choc, comme celles de poumons endommagés ou de dents gâtées. Il a également indiqué qu’autoriser la vente de cigarettes sur Internet n’avait «aucun sens», et réaffirmé l'importance de l'interdiction de vente de tabac et d'alcool aux mineurs.

Nicolas Sarkozy a enfin souligné qu’«en 2011 la quantité d'alcool devra être indiquée sur chaque bouteille», et précisé que «les centres venant en aide aux personnes en difficulté avec l'alcool verront leurs moyens renforcés». Il a évoqué en outre le travail «très intéressant» fait «par les alcooliques anonymes», qui, à ses yeux, «ne sont pas assez mis en valeur en France», en promettant des aides qui n'ont pas été détaillées.

Les soins

Nicolas Sarkozy veut que «ceux qui seront malades dans 10 ans, dans 20 ans puissent bénéficier des meilleurs soins possibles», et a ainsi annoncé la création de cinq sites pluridisciplinaires, qui travailleront en réseau et au niveau européen, pour accélérer le transfert des avancées de la recherche au bénéfice des malades.

Le chef de l’Etat a souhaité une augmentation de 20% du nombre de spécialistes. Il veut que plus «d'oncologues, de radiologues, d'hématologues» soient formés, notamment dans les régions les plus fragiles. Il a également déclaré que «74 machines à IRM supplémentaires» seraient installées, «dont 39 dans les 10 régions ayant la mortalité pour cancer la plus élevée».

La vie après le cancer

C’était la promesse la plus attendue. Nicolas Sarkozy a affiché sa volonté de favoriser l'accès à l'emprunt et à l'assurance pour les personnes «sorties de la maladie». «Je trouve ça injuste qu'un malade en plus d'affronter la maladie ne puisse pas faire de projets», a-t-il confessé.

Il a ainsi promis «d'élever la voix» contre «les assureurs et les établissements de crédit», et demandé un renouvellement de la Convention «Assurer et emprunter avec un risque aggravé de santé» (AERAS). Cette dernière a été instituée par le premier plan cancer, et est signée les pouvoirs publics, les fédérations professionnelles de la banque, de l'assurance et de la mutualité et les associations de malades et de consommateurs.

Bémol, cependant, le Président a semblé en accord avec la proposition du plan de financement de la Sécurité sociale, qui veut que les malades qui n'ont plus de traitement lourd depuis cinq ans sortent d’office du dispositif d’ALD (dispositif des affections de longue durée), qui permet une prise en charge totale des soins par la Sécurité sociale. Une disposition contestée par Michèle Delaunay, députée PS et cancérologue, qui rappelle qu’être en rémission ne signifie pas être guéri.