Le débat sur l'identité nationale, c'est parti

POLITIQUE Il s'ouvrira officiellement ce lundi dans les préfectures...

O.R. avec agence

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Alors que le débat sur l'«identité nationale» semblait être entré en sommeil depuis la création d'un ministère dédié en mai 2007, Eric Besson, ministre en titre, a remis ce thème sous les feux de l'actualité en annonçant, dimanche dernier, l'organisation d'«un vaste débat». Lancement ce lundi.

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Concrètement, comment cela va-t-il se passer?

Dès lundi, les 100 préfectures et les 350 sous-préfectures sont chargées d'organiser le débat avec «les forces vives de la Nation».

Mardi le ministre donnera une conférence de presse avec Jean-François Copé (patron des députés UMP), Gérard Longuet (président du groupe UMP au Sénat) et Michel Barnier (eurodéputé) sur «l'engagement des groupes parlementaires» dans le débat.

Les discussions seront alimentées par le rapport du Haut Conseil à l'Intégration, «Faire connaître les valeurs de la République», et un rapport parlementaire sur «le respect des symboles de la République». Le débat «s'achèvera avant le 28 février», a indiqué Eric Besson qui dressera une «synthèse générale».

Entre-temps, le président Nicolas Sarkozy, devrait participer, le 4 décembre, à un débat public à l'invitation de l'Institut Montaigne, un think tank de la droite libérale dirigé par Claude Bébéar.

Qu’en dit la gauche?

«La ficelle est un peu grosse», a rétorqué, dès l'annonce du débat, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, remarquant que les élections régionales avaient lieu dans quelques mois.

Quelques dissonances toutefois dans le camp socialiste: si Ségolène Royal a elle-aussi dénoncé «l'opération de diversion», elle a cependant «considéré que ce débat est un vrai débat».

Tout au long de la semaine, les membres de l'opposition ont dénoncé une opération de «diversion» et de «surenchère» vis-à-vis du Front National.

Et l’extrême droite?

Elle veut plus. Marine Le Pen s'est empressée de réclamer une entrevue avec le président Sarkozy et un «Grenelle de l'identité nationale».

A droite y’a-t-il consensus?
Non. La contestation a touché aussi la droite et même les rangs des sarkozystes. Ainsi l'ancien Premier ministre Alain Juppé s'est interrogé sur la pertinence de relancer un débat sur l'identité nationale, tranché selon lui par l'historien Ernest Renan en 1882 - une référence également citée par l'ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement-.

Le «débat est très risqué», a estimé Christine Boutin, ancienne ministre du gouvernement Sarkozy et présidente du Parti chrétien démocrate.

Et jusqu'au Haut Commissaire Martin Hirsch, figure de l'«ouverture» chère à Nicolas Sarkozy qui a estimé que «la France n'a pas de problème d'identité», ajoutant que «c'est un débat 100% politique».

Quant aux Français, qu’en pensent-ils?
Que c’est une manœuvre électorale. Selon un sondage BVA pour Canal + publié jeudi, 64% des Français considèrent que l'objectif principal du gouvernement avec ce débat sur l'identité nationale correspond «avant tout» à une «volonté de mobiliser les électeurs de droite en vue des élections régionales».